Moralistes et témoins du Grand Siècle

Merci !

Fiches
Classe(s) : 2de - 1re L - 1re ES - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Les mouvements littéraires
Corpus Corpus 1
Moralistes et témoins du Grand Siècle

FB_Bac_99066_Lit1_F27

27

53

3

Le développement des salons favorise la vie sociale et encourage la réflexion et les débats. Certains genres émergent (maximes, mémoires, lettres) et fournissent des témoignages précieux sur la société du xviie siècle.

1 La Rochefoucauld (1613-1680) : le maître de la maxime

info Un moraliste est un auteur qui propose une réflexion critique sur les mœurs et la nature humaine. La Rochefoucauld et La Bruyère sont des moralistes.

 Issu de la haute noblesse, déçu par la monarchie, François, duc de La Rochefoucauld, s’engage dans la Fronde, du côté des rebelles.

info Une maxime est une formule brève et frappante qui exprime une vérité générale, d’ordre psychologique ou moral.

 Les Maximes (1664) sont le constat d’un moraliste lucide et pessimiste. L’auteur y dénonce ­l’empire de l’amour-propre sur l’homme : on n’agit, en bien comme en mal, que pour assurer sa survie, faire triompher son intérêt.

Nous aurions souvent honte de nos plus belles actions si le monde voyait tous les motifs qui les produisent.

Maxime 409

2 Le cardinal de Retz (1613-1679) : un esprit indépendant

 Il embrasse par ambition la carrière ecclésiastique et se lance dans d’innom­brables intrigues politiques. Adversaire de Mazarin, il tente de jouer les conciliateurs entre le pouvoir royal et les frondeurs mais échoue. Mazarin le fait emprisonner. Il s’évade et obtient le pardon de Louis XIV.

 Dans ses Mémoires (posth. 1717), l’auteur retrace sa jeunesse agitée, raconte les événements dont il a été témoin et acteur. Portraitiste féroce, il se dépeint lui-même avec une franchise cynique.

3 La Bruyère (1645-1696) : la satire sociale

 Précepteur du duc de Bourbon (petit-fils du Grand Condé), il fréquente et observe la cour et les grands.

Les Caractères (1688) sont une suite de réflexions et de portraits satiriques (Ménalque, le distrait ; Giton, le riche ; Phédon, le pauvre…). La Bruyère critique la société contemporaine (système politique, puissance de l’argent…) et analyse la psychologie humaine. Le ton est varié, les formules incisives et brillantes.

Giton a le teint frais, le visage plein et les joues pendantes, l’œil fixe et assuré, les épaules larges, l’estomac haut […].

Phédon a les yeux creux, le teint échauffé, le corps sec et le visage maigre […].

Les Caractères, VI, 83

4 Madame de Sévigné (1626-1696) : une plume alerte

 Veuve à vingt-cinq ans, cette jeune femme brillante et séduisante se consacre à l’éducation de ses deux enfants. Sa fille épouse le comte de Grignan et va vivre en Provence.

 Les Lettres sont nées de la séparation d’avec sa fille. On compte mille quatre cents lettres environ, en grande partie envoyées à Mme de Grignan (de 1671 à 1696, deux lettres par semaine), les autres à des destinataires variés.

L’essentiel sur…

les Lettres de Mme de Sévigné

  • Des lettres qui s’adressent autant à un destinataire précis qu’à un cercle de connaissances : lues à haute voix et commentées dans les réunions mondaines, elles constituent une véritable chronique de la vie du temps.
  • Des lettres abordant les sujets les plus divers : tendresse passionnée pour sa fille, mais aussi relation des événements historiques (procès de Fouquet, mort de Turenne…), artistiques, des potins de la cour…
  • Un style pittoresque et brillant, jouant de l’humour et des effets de surprise.

Je m’en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable […] : M. de Lauzun épouse dimanche au Louvre, devinez qui ? […]

Lettre du 1er décembre 1670