Pensée philosophique et littérature religieuse au xviie siècle

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Classe(s) : 2de - 1re L - 1re ES - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Les mouvements littéraires
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Pensée philosophique et littérature religieuse au xviie siècle

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La philosophie rationaliste et la spiritualité chrétienne inspirent la création littéraire dans la première partie du siècle. La fin du siècle voit naître une littérature plus engagée, annonçant les Lumières.

1 Les philosophes et les scientifiques

A Descartes (1596-1650) : le triomphe de la raison

 Mathématicien, physicien et philosophe, René Descartes partage sa vie entre les voyages, l’étude et l’écriture.

 Dans le Discours de la méthode (1637), il fait de la pensée le principe de l’existence. Seule la raison permet à l’homme de parvenir à la vérité et de conclure à l’existence de Dieu.

Cogito, ergo sum (« Je pense, donc je suis »).

Discours de la méthode, IVe partie

B Pascal (1623-1662) : un « effrayant génie »

Génie précoce, savant mathématicien et physicien, Blaise Pascal se convertit au jansénisme et se retire dans l’abbaye de Port-Royal.

info Les jansénistes croient que Dieu prédestine l’homme au salut ou à la damnation, indépendamment de ses actes. Les jésuites pensent au contraire que le salut de l’homme dépend de ses actes et de ses mérites ; il en découle une morale qui tend à minimiser les fautes.

 Dans les dix-huit lettres des Provinciales (1656-1657), Pascal défend la théologie janséniste et dénonce la morale relâchée des jésuites.

 Dans les Pensées (1669-1670), sous forme de fragments, Pascal fait une apologie de la religion chrétienne, destinée à toucher les libertins (qui ne croient qu’à ce qui peut être démontré) et les sceptiques (qui mettent tout en doute).

  • Selon Pascal, l’homme est un être misérable, perdu entre l’infiniment grand et l’infiniment petit.

– Car enfin, qu’est-ce que l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout.

Pensées, 72

  • Dans sa quête de la vérité, l’homme est égaré par des « puissances trompeuses », telles que l’imagination et les apparences. Mais l’homme pense, il est conscient de sa faiblesse : c’est ce qui fait sa grandeur.

L’homme est un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant.

Pensées, 347

  • Le cœur est aussi important que la raison pour saisir les connaissances : le cœur sent, la raison démontre.

Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas.

Pensées, 680

  • Pour convaincre les incroyants, Pascal recourt à l’argument du pari. En misant sur l’existence de Dieu, l’homme n’a rien à perdre, mais tout à gagner (c’est-à-dire la vie éternelle).

2 La littérature religieuse et la littérature d’idées

Les prédicateurs usent de l’art oratoire pour conduire à la foi les courtisans et les mondains, tandis que naît une littérature plus engagée qui met en cause l’ordre politique.

A Bossuet (1627-1704) : l’éloquence religieuse

Évêque de Meaux, Jacques-Bénigne Bossuet est aussi précepteur du Dauphin, fils de Louis XIV.

 Dans le Sermon sur la mort (1662), il souligne la vanité des choses de ce monde, exhortant à privilégier l’âme et la vie spirituelle, puisque le corps est périssable.

 Dans ses Oraisons funèbres, douze éloges funèbres prononcés entre 1656 et 1687, il frappe les imaginations par la clarté de son éloquence et par la puissance des images.

B Fénelon (1651-1715) : un éducateur engagé

 Homme d’Église, François de La Mothe-Fénelon est nommé précepteur du duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV. C’est à son intention qu’il écrit le roman des Aventures de Télémaque.

Les Aventures de Télémaque (1699) : Télémaque part à la recherche de son père Ulysse, en compagnie de Mentor qui l’instruit sur le monde. Véritable traité d’éducation morale et politique, le livre condamne l’absolutisme de Louis XIV et sa politique belliqueuse ; il propose une leçon de tolérance et de paix.