Peut-on vivre sans les autres ?

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Classe(s) : Séries tertiaires - Séries industrielles | Thème(s) : Vivre ensemble

A Le mythe de l’enfant sauvage

L’enfant abandonné en pleine nature et recueilli par le monde est ancien, comme l’est le mythe de Rémus et Romulus, deux enfants abandonnés recueillis par une louve. À l’âge adulte, ils fondent la ville de Rome, témoignage de leur capacité à réintégrer la société.

Le mythe de l’enfant sauvage relate l’histoire de Victor, enfant non sociabilisé, retrouvé dans les bois et recueilli par un médecin, le docteur Itard. Selon lui, l’éducation peut faire reculer cet état de nature et il préconise des règles strictes, afin que l’enfant réintègre la société : offrir à l’enfant un cadre de vie agréable, solliciter tous ses sens, provoquer des émotions en lui et le placer dans des situations inédites.

Pendant les cinq années où dure l’expérience, Victor fait des progrès ; dans la vie quotidienne, il réalise des tâches simples et manifeste du plaisir à les faire. Il réussit à exprimer quelques sentiments. En revanche, il ne maîtrisera jamais la parole. L’éducation que cherchait à donner Itard est en quelque sorte une éducation standard, destinée à faire de Victor un enfant comme les autres et lui permettant de vivre parmi les autres.

B Le mythe de Robinson

Le cas de Victor permettait d’étudier la réintégration dans la société ; le cas de Robinson Crusoé est tout le contraire. Defoe, l’auteur du livre, décrit un personnage ayant vécu en société jusqu’au naufrage de son bateau. Il en connaît les règles et le fonctionnement mais s’en trouve brutalement exclu. Toute personne est née dans un groupe ; cette appartenance justifie son éducation, ses traditions, ses croyances… Si Robinson parvient à survivre malgré la solitude, c’est qu’il est en lien permanent avec son passé. Il parvient à survivre sur son île grâce aux vestiges de son passé retrouvés sur le bateau échoué. Il maintient ainsi le lien avec la société. Sa culture lui permet de garder le contact avec la civilisation. L’arrivée d’un indigène, Vendredi, modifie à terme son regard sur l’autre.

C L’isolement

Ainsi, l’être humain ne peut vivre en dehors de la société. Certes, il peut de temps en temps décider de se retirer du monde, mais il s’agit d’une solitude voulue, qui ne dure qu’un temps. Certains ont besoin de ces moments pour réfléchir, se retrouver en eux-mêmes. Les romantiques du XIXe siècle, se sentant rejetés par l’incompréhension des autres, ont cultivé cette posture (le mal du siècle). Cet isolement provisoire est parfois mal vécu quand il est contraint soit parce que les circonstances y obligent, soit pour des raisons extérieures : rejet du groupe social (de son fait ou de celui des autres), la vieillesse qui ne permet plus de sortir de chez soi, la pauvreté… L’isolement peut aussi être un moyen de survie : le fugitif qui fuit la police, le résistant traqué…