Pôle « méthodologie »

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Classe(s) : Tle ST2S | Thème(s) : Les méthodes utilisées pour la mise en place de plans d'action

Pôle « méthodologie »

Les organisations sanitaires et sociales mettent en place de nombreux projets d’action. Cela nécessite de maîtriser les méthodes et les outils mis en œuvre pour analyser et évaluer l’état de santé et de bien-être d’une population, pour assurer le fonctionnement des dispositifs et des institutions dans le cadre de ces projets.

1Comment les études contribuent-elles à la connaissance de l’état de santé et de bien-être des populations ?

A Spécificités des données et des informations à caractère sanitaire et social

1. La nature des informations


Les informations sanitaires et sociales sont relatives au domaine sanitaire et/ou social. Elles sont complémentaires et souvent très nombreuses. Elles concernent un individu (données personnelles sur sa santé ou sa situation sociale), un groupe (étude de comportements de groupe, données statistiques spécifiques) ou un ensemble d’individus (statistiques générales).

EXEMPLE

La taille d’une personne est une donnée sanitaire ; son niveau de vie est une donnée sociale.

2. Les diverses formes des informations médico-sociales


La forme et le support utilisés sont adaptés à la situation donnée, au destinataire de l’information et à l’usage que l’on veut en faire. Les formes peuvent être écrites (lettre, dossier, site internet, brochure, dépliant…), visuelles (tableaux, graphiques, banque de données…) ; orales (réunion, conférence, entretien…).

Un fichier de données à caractère personnel est un ensemble structuré et stable, accessible selon des critères déterminés. Il vise également toute opération ou tout ensemble d’opérations portant sur de telles données (de la collecte à l’interconnexion).

Le dossier de suivi permet une prise en charge globalisée dans le cadre du projet d’accompagnement personnalisé. Le dossier de la personne, support des pratiques pluri-professionnelles et interdisciplinaires, est le lieu de recueil et de conservation des informations utiles formalisées, organisées et actualisées.

3. Les caractéristiques d’une information


Pour comprendre une information, il faut identifier sa provenance (origine, moment et lieu de production), son objet et le public auquel elle est destinée.

Toute information est produite par un émetteur (origine de l’information). Elle est destinée à un récepteur ou destinataire. L’émetteur comme le récepteur sont des individus ou un groupe d’individus.

L’information a un contenu, un sens, appelé message. Celui-ci peut être formulé différemment selon les interlocuteurs (émetteurs et récepteurs).

L’information est produite avec une intention, c’est-à-dire que l’émetteur cherche à influer le comportement du récepteur ; c’est l’effet attendu. La réaction du récepteur est appelée rétroaction. Elle peut se traduire par des mots, des gestes, des mimiques (paralangage).

Le contexte est l’environnement géographique, institutionnel et physique dans lequel se situe l’échange.

Pour analyser une situation de communication, il est nécessaire de tenir compte des circonstances de la communication : ce sont les paramètres qui peuvent influer sur l’émission ou sur la compréhension du message.

4. L’évaluation de la qualité de l’information


La qualité de l’information en détermine la valeur. Trois critères permettent d’identifier la qualité :

– la pertinence : l’information est utile et adaptée au besoin du destinataire ;

– la fiabilité : l’information est exacte et actualisée ;

– l’accessibilité : l’information est facile à obtenir et à comprendre.

EXEMPLES d’informations dans le secteur sanitaire et social

– Les réseaux sentinelles

– Les certificats de santé du 8e jour

– Les causes médicales de décès

B Les dispositifs législatifs de protection des informations sanitaires et sociales


Les informations sanitaires et sociales sont des informations délicates sur les personnes (maladie, précarité, délinquance, maltraitance, etc.). Le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans les domaines sanitaire et médico-social, ainsi que des modes d’exercice pluridisciplinaire accroissent le besoin d’échange dans l’intérêt d’une meilleure prise en charge des personnes. Les données de santé et les données sociales sont aujourd’hui des données destinées à être partagées, même si elles relèvent de la vie privée de la personne.

1. Le respect de la vie privée des personnes


Toute personne prise en charge par un professionnel, un établissement, un réseau de santé a droit au respect de sa vie privée et du secret des informations la concernant (article 9 du code civil). Ce respect concerne les données relatives à la santé, les relations affectives ou sexuelles, la situation sociale, la religion, les opinions politiques, etc.

2. Le secret professionnel


L’information médico-sociale, en raison de son objet, est protégée. Le secret professionnel oblige tout professionnel à taire certaines informations. Le secret professionnel est l’interdiction faite à certains professionnels de révéler ce qu’ils ont appris dans le cadre de leur profession. Cette obligation de silence porte sur les secrets confiés ainsi que sur tout ce qui est appris, vus, compris ou deviné.

3. L’obligation juridique


La protection de l’information est une obligation déontologique définie par les codes de déontologie, et une obligation juridique sanctionnée par le code pénal et reprise par le code de la santé publique et le Code de la famille et de l’action sociale.

Les données de santé peuvent être communiquées et utilisées dans les conditions déterminées par la loi, uniquement dans l’intérêt direct du patient (assurer son suivi médical, faciliter sa prise en charge par l’assurance-maladie obligatoire…) ou pour des besoins de santé publique.

Les informations concernées sont les informations personnelles, dites « sensibles », que le professionnel a apprises, comprises, connues ou devinées à l’occasion de son exercice professionnel.

Le partage de données permet de mettre à la disposition de plusieurs professionnels fondés à en connaître, des informations utiles à la coordination et à la continuité des soins ou à l’intérêt de la personne (dossier médical personnel ou dossier de suivi d’un travailleur social dans le cadre de sa mission d’action sociale par exemple).

4. Les limites du secret


La levée du secret est permise, voire obligatoire, dans certains cas. Il y a obligation de lever le secret pour :

– la protection des personnes en danger (dénonciation de violences sexuelles, physiques ou morales, pour les personnes de moins de 15 ans) ;

– la dénonciation de sévices ou de privations subies par des mineurs de moins de 15 ans ou de personnes incapables de se protéger en raison de leur âge, de leur état physique ou psychique ;

– les nécessités administratives ;

– la protection de la santé publique.

La loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé autorise les professionnels de santé à échanger des informations relatives à un même patient, sauf opposition de sa part, afin d’assurer la continuité des soins ou de déterminer la meilleure prise en charge possible. Lorsque le malade est pris en charge par une équipe de soins dans un établissement de santé, les informations sont réputées confiées à l’ensemble de l’équipe.

EXEMPLES

Les déclarations obligatoires de certaines maladies : en application de l’article L. 3113-1 du code de la santé publique, les professionnels de santé sont tenus de déclarer aux autorités sanitaires certaines maladies infectieuses qui nécessitent une intervention urgente (par exemple : la légionellose) ou dont la surveillance est nécessaire à la conduite et à l’évaluation de la politique de santé publique.

La recherche médicale : la loi du 1er juillet 1994 relative au traitement de données nominatives ayant pour fin la recherche dans le domaine de la santé permet aux professionnels de santé de transmettre les données personnelles de santé qu’ils détiennent dans le cadre de recherches dans le domaine de la santé (études épidémiologiques, observationnelles, essais cliniques, pharmacovigilance).

Les réseaux de santé (de lutte contre le diabète, de soins en cancérologie…) ont pour objet de faciliter l’intervention des différents acteurs du système de santé (établissements de santé, professions de santé, travailleurs sociaux, groupes de patients), la transmission des informations entre ces acteurs et d’assurer une meilleure prise en charge des patients. La mise en place de ces réseaux de santé s’accompagne d’un dossier médical partagé entre les acteurs.

5. Le rôle de la CNIL


La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), organisme de défense et de contrôle des pratiques informatiques, a été instituée par la loi du 6 janvier 1978, relative aux fichiers, à l’informatique et aux libertés, modifiées par la loi du 6 août 2004. C’est une autorité administrative indépendante par sa composition. Elle est chargée de veiller au respect des dispositions de la loi.

Son domaine d’activité pour 2012-2013 concerne l’informatisation des dossiers de patients (DMP, dossier pharmaceutique, développement de la télémédecine et de la médecine en réseau).

C Méthodologie d’étude à caractère sanitaire et/ou social

1. La notion de problème


Les problèmes à résoudre peuvent être :

– simples ou complexes ;

– occasionnels ou permanents ;

– techniques ou d’ordre relationnel.

Chaque problème peut être caractérisé par l’urgence, la gravité, l’importance.

2. Identifier des informations à recueillir


Les types d’informations à recueillir varient selon l’objectif poursuivi :

– le recueil d’informations est systématique pour constituer une base de données (par exemple : relevé du nombre de décès par les services d’état civil) ;

– le recueil d’informations sur un sujet donné pour initier une action (par exemple : pour une action de prévention auprès de femmes enceintes, de quelles informations dois-je disposer ?) ;

– la recherche des causes d’un problème (par exemple : les usagers d’une maison de retraite sont insatisfaits de l’accueil à l’admission) ;

– l’évaluation d’une situation à travers des faits ou des opinions (par exemple : connaître le degré de satisfaction des patients hospitalisés au CHU de X).

3. Construction de l’objet d’une étude


Suivant l’objectif fixé, la nature des données peut varier.

L’objectif peut être descriptif. Par exemple : nombre d’adhérents à une maison de la jeunesse et de la culture ; pourcentage d’enfants de moins de 6 ans scolarisé à l’école maternelle…

L’objectif peut être analytique : chercher à expliquer un phénomène, à en déterminer les causes. Par exemple : causes de l’échec scolaire avant l’entrée en sixième ; causes des grossesses chez les jeunes filles de moins de 15 ans. Dans ce cas, une étude précise de la situation est nécessaire.

4. Les étapes de la démarche


1. Formuler le problème.

2. Poser le problème.

3. En définir les limites.

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5. La méthodologie du recueil des données


Cette étape est fondamentale mais difficile. La formulation de la problématique doit être précise. C’est autour d’elle que les travaux de l’enquêteur doivent converger.

La problématique est la question centrale que l’on se pose. Elle exprime le besoin ressenti. La problématique est en général vaste. Afin de délimiter les recherches et les pistes de travail, des hypothèses doivent être formulées. Ce sont des suppositions. L’étude doit permettre de vérifier si elles sont exactes ou pas.

EXEMPLE

L’utilisation du préservatif chez les jeunes n’est pas systématique.

Problématique : pourquoi la population jeune n’utilise-t-elle pas le préservatif ?

Hypothèses :

– Le coût est élevé.

– Les jeunes ne savent pas que c’est un moyen de prévention contre le sida et les autres IST.

– Ils ne se sentent pas concernés.

– Ils n’aiment pas l’utiliser.

6. La recherche documentaire


Les documents recherchés varient :

– selon la nature et la forme : documents forme texte, images, audiovisuels, sonores, etc. ;

– selon le mode de publication. Ils peuvent être commercialisés (livres, périodiques, cédéroms, etc.), distribués à une catégorie d’usagers (dépliants, tracts, etc.), produits par des organismes sanitaires et sociaux (rapports d’activités, organigramme, livrets d’accueil, note de service, etc.).

Une base de données se traduit physiquement par un ensemble de fichiers présent sur une mémoire de masse (bien souvent un disque). Certaines peuvent être accessibles via internet, on parle alors de base de données en ligne.

Une banque de données un ensemble de données organisées pour être consultées par les utilisateurs et regroupées à partir de :

– bases d’informations constituées par les institutions sanitaires et sociales (hôpitaux, associations, etc.). Elles mettent à disposition des utilisateurs des données directement utilisables. Par exemple : rôle, services, organigramme, activités d’organismes… ;

– bases de données structurées, en particulier les bases de données bibliographiques, statistiques, d’images. Par exemple : le réseau BDSP est un groupement d’organismes dont la gestion est assurée par l’École nationale de la santé publique. Il développe des services d’information en ligne destinés aux professionnels des secteurs sanitaire et social ;

– banques de données textuelles qui donnent le texte intégral ou des extraits d’un document. Par exemple : le Journal officiel.

Selon les cas, elles sont consultables sur cédéroms mais généralement sur Internet.

D La stratégie de la recherche documentaire

1. Déterminer le thème de la recherche


La définition de l’objet de la recherche est essentielle. Pour cela, il faut :

– chercher la définition de chaque mot du thème ;

– noter la ou les définitions ;

– cerner le thème dans sa globalité et sa complexité ;

– préciser le sujet exact de la recherche (QQOCQ) ;

– faire une liste de mots-clés.

2. S’accorder un temps de réflexion


Se poser au moins les 2 questions suivantes :

– Qu’est-ce que je cherche exactement ?

– Pour quoi faire ?

Un questionnement systématique s’avère particulièrement utile lorsqu’on effectue des recherches complexes.

3. Établir une bibliographie


Le chercheur doit saisir les mots-clés suivant les instructions du logiciel. Les références (auteur, titre, date, éditeur, etc.) ainsi que la cote des ouvrages sont notées. Elles constituent un point de repère dans le travail.

4. Trouver des informations pertinentes


Cette étape consiste à recenser les sources documentaires, personnelles, professionnelles, etc., et à rechercher les ouvrages ou les revues sur place ou à distance.

E Les méthodes et outils d’enquête

1. Diversité des méthodes


Pour recueillir des informations du domaine sanitaire ou social et réaliser un travail d’observation, différentes approches et méthodes peuvent être utilisées : questionnaire, enquête, entretien individuel… Le travail sur indicateurs et les enquêtes visent à donner une appréciation quantitative, numérique, d’une situation donnée. Les enquêtes par sondage et les méthodes fondées sur les entretiens ont comme caractéristique commune d’être exploratoires : il s’agit de créer de l’information sur une situation peu ou mal connue.

La différence entre les approches se situe au niveau des buts proposés. Les travaux quantitatifs se donnent comme tâche l’analyse objective des situations et comportements d’une population d’un point de vue extérieur à celle-ci, alors que les études qualitatives visent à comprendre ces situations et comportements à partir d’une analyse subjective. La caractéristique principale de l’approche qualitative est qu’elle essaie d’étudier les valeurs, croyances, pratiques et normes en se mettant à la place des populations étudiées.

Le choix d’une méthode dépend donc de nombreux critères et s’inscrit dans la démarche générale de l’étude d’observation, à partir des questions suivantes :

1. Que désire-t-on savoir et pourquoi ? De quel type d’information a-t-on besoin ?

2. Où peut-on trouver les données nécessaires et comment les obtenir ? Quelles sont les sources de données utiles disponibles à l’échelon national, régional, départemental… ?

3. Faut-il construire de nouvelles informations s’il n’existe pas de données préalables ou si elles ne sont pas adaptées ?

4. Quel sera le coût de l’étude ? Combien de temps durera-t-elle ?

5. Quelles sont les méthodes qui répondent aux objectifs de manière optimum ?

6. Quels sont leurs avantages et inconvénients ?

2. Diversité des techniques


Les techniques quantitatives

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Sources : « Avantages et inconvénients de quatre techniques de collecte de données », La planification sanitaire, R. Pineault, C. Daveluy, 1995.

Les techniques qualitatives

Ces techniques s’inscrivent dans une démarche plus exploratoire, puisqu’elles s’appuient sur des questions ouvertes. Cette approche qualitative fait émerger des problèmes que les méthodes quantitatives pourront chiffrer.

Elles sont souvent utilisées pour découvrir les raisons d’un choix ou d’un comportement dans une population donnée, pour étudier les représentations, les parcours de vie, etc. En permettant à la population d’exprimer son opinion, ses perspectives et son expérience, les méthodes qualitatives ont pour objectif de comprendre la réalité telle que le groupe étudié la définit lui-même.

Ces techniques sont adaptées à la recherche de significations (représentations et pratiques de santé) et à la mise en évidence de processus lorsque les données sociales ou culturelles sont centrales dans la problématique.

3. Traitement des données : production et présentation de l’information


Le questionnaire est un instrument de recueil d’informations utile dans le traitement des données.

Il permet :

– de décrire une population (caractéristiques…) ;

– de recueillir des faits ou des comportements ;

– d’étudier des attitudes et des motivations ;

– de vérifier, confirmer, infirmer des hypothèses par la mise en relation de deux ou plusieurs variables (vérifier si la fréquence d’un comportement varie avec l’âge…).

L’enquête peut être lancée à des fins comparatives pour mesurer une évolution dans le temps (la comparaison est possible si la population est la même et le questionnaire également).

Les informations recueillies sont représentées sous la forme de résultats quantitatifs.

Les questionnaires d’enquête sont auto-administrés si l’enquêté est seul devant le questionnaire à remplir ou réalisés par enquêteur si l’enquêteur pose lui-même les questions et note les réponses.

La démarche pour réaliser une enquête par questionnaire comprend plusieurs étapes :

– Définir l’objet de l’enquête, déterminer le but visé, délimiter le champ de l’étude.

– Définir les hypothèses de l’enquête destinées à être ultérieurement vérifiées, c’est-à-dire confirmées, infirmées ou nuancées par l’enquête. Des hypothèses claires et précises permettent de formuler des questions pertinentes.

– Déterminer la population de l’enquête ; construire un échantillon dit « représentatif » de la population.

– Rédiger un projet de questionnaire (les questions ouvertes ou fermées doivent permettre de vérifier les hypothèses de l’étude).

– Tester le questionnaire auprès de quelques personnes appartenant à l’univers de l’enquête.

– Réaliser le questionnaire définitif avec un logiciel adapté (Ethnos, Sphinx…) afin de faciliter la saisie ultérieure des réponses et leur traitement.

– Rédiger l’introduction du questionnaire (identité de l’émetteur, objet de l’enquête, garantie de l’anonymat, modalités de retour du questionnaire).

– Choisir le mode d’administration (diffusion des questionnaires auto-administrés ou interviews).

– Rassembler les documents.

– Traiter les réponses, manuellement ou à l’aide d’un logiciel et analyser les résultats.

– Rédiger le rapport d’enquête : présentation des objectifs de l’enquête et la population concernée, méthodologie et résultats analysés (tableaux et/ou des graphiques de résultats).

2Comment les organisations sanitaires et sociales mettent en place un plan d’action pour améliorer la santé ou le bien-être social des populations ?


Les institutions sanitaires et sociales représentent l’ensemble des structures (établissements ou services) mises à la disposition de la population et destinées à répondre à leurs besoins.

A La notion d’organisation

1. Définition


Une organisation est à la fois un ensemble organisé (ensemble de moyens matériels et humains constitués et structurés en vue d’atteindre un but, un objectif) et l’action d’organiser (préparer, mettre de l’ordre dans un travail dans un but précis ou pour améliorer un fonctionnement).

Pour pouvoir fonctionner, toute organisation réunit un ensemble de moyens humains, matériels et économiques. Elle se caractérise par :

– l’existence d’une mission à accomplir ;

– une répartition des rôles et des activités à réaliser ;

– une division de l’autorité et une répartition du pouvoir ;

– un système de communication interne et externe.

2. Approches


L’approche d’une organisation peut être :

analytique, à partir de l’étude des éléments constitutifs d’une organisation (statut, organigramme, missions…). Chaque élément est pris séparément ;

systémique, à partir de la prise en compte de l’environnement (économique, juridique, culturel…) de l’organisation. Cette approche met en évidence les interactions entre les membres et permet de comprendre leur mode de coopération pour atteindre les objectifs fixés.

B Approche générale des organisations du secteur sanitaire et social

1. Les caractéristiques d’une organisation


On appelle organisation sanitaire ou institution sanitaire tout établissement ou service chargé de protéger la santé ou de la rétablir.

Les organisations sanitaires ont pour mission principale :

– de soigner ;

– d’offrir des structures d’accueil aux personnes dont l’état de santé nécessite une assistance ;

– de rééduquer ou d’insérer des personnes handicapées ;

– de prévenir la maladie ;

– de développer les techniques d’exploration et de traitement par la recherche.

Les organisations sociales ou médico-sociales ont pour but :

– l’autonomie et la protection des personnes ;

– la cohésion sociale ;

– l’exercice de la citoyenneté ;

– la prévention des exclusions et la correction de leurs effets.

Le statut juridique des organisations sanitaires donne des indications sur le financement, l’organisation administrative, les organismes de tutelle, le statut du personnel. Il s’agit de la personnalité juridique de l’organisation. En général, les organisations du secteur sanitaire et social sont gérées par une « personne morale ».

Les mots à savoir

Une personne morale est dotée d’un patrimoine, d’un budget, d’une organisation qui lui est propre et d’une capacité juridique lui permettant d’effectuer des actes habituels de la vie civile (vente, actions en justice…).

La tutelle est le pouvoir de certaines autorités de contrôler sur les plans administratifs et financiers les décisions prises par les organisations.

2. Les missions


Les actions et les activités des organisations s’inscrivent dans le cadre de missions définies par la loi. Une mission peut se définir comme une fonction précise qu’une organisation met en œuvre pour atteindre ses objectifs.

3. Les usagers


Les usagers sont les personnes qui bénéficient des prestations offertes par une institution ou qui utilisent un service public (hôpital, crèche…). Ils sont toujours demandeurs et pour certains en situation de fragilité : malades, personnes âgées, personnes handicapées, familles en difficulté sociale et financière…

C La communication dans les organisations

1. Les caractéristiques des interlocuteurs


Les professionnels du secteur sanitaire et social sont principalement les personnels médicaux, paramédicaux, éducatifs, administratifs et les travailleurs sociaux. Les usagers sont des personnes qui, en raison de leur situation (maladie, dépendance, précarité, vieillesse), utilisent les services sanitaires et sociaux.

2. La typologie des communications


Les communications interpersonnelles mettent en relation deux personnes (par exemple : situation d’accueil, entretien téléphonique).

Les communications de groupe mettent en relation plusieurs individus constituant un groupe (par exemple : réunion).

Les communications de masse mettent en relation une ou plusieurs personnes avec un groupe inconnu, de taille importante (par exemple : télévision, tract).

3. Le statut des interlocuteurs


Le statut social est la position occupée par une personne dans l’ensemble des relations sociales qui l’amène à jouer plusieurs rôles dans la vie sociale (familiale, professionnelle, associative, etc.).

Le statut professionnel est défini par l’organisme employeur, la formation reçue, le diplôme reconnu et le type d’emploi exercé.

4. L’objet de la communication


Il est la raison qui entraîne les relations entre professionnels et/ou les usagers. Il touche le plus souvent la vie privée des individus (par exemple : une communication téléphonique pour demander un résultat d’examen médical).

Il entraîne la poursuite d’objectifs liés aux actions à mener (par exemple : demander des renseignements pour le placement d’une personne âgée).

L’objectif est atteint si le résultat de l’action obtenu correspond au résultat attendu (par exemple : obtenir des informations précises sur les modalités du placement).

Les formes de la communication varient selon plusieurs critères : le mode de transmission (communication orale, écrite ou visuelle), le langage utilisé (verbal (ou non verbal), l’espace (communication directe ou à distance), le temps (communication instantanée ou différée).

Ne pas confondre les outils

– Communication écrite : courrier, dépliants, tracts, documentation sur l’établissement, communiqué de presse, internet, intranet

– Communication orale : téléphone, accueil, entretien

– Communication visuelle : affiche, exposition, panneaux d’affichage, internet, intranet

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Repères

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3La démarche d’étude ou de projet


Les projets dans le domaine sanitaire et social sont nombreux et visent à provoquer un changement. Ils peuvent être déclenchés par une demande de la population, une commande d’une institution ou une initiative professionnelle et/ou d’un groupe ou d’une collectivité.

A La place du projet dans le secteur sanitaire et social

1. Définition


Les mots « projet » ou « étude » désignent un ensemble d’intervenants, de moyens d’actions, constitués pour apporter une réponse à un besoin ou une analyse d’une situation. Le projet :

– est un état des lieux d’une situation (état de santé d’une population ; recueil de données sur un besoin…) ;

– ou une anticipation d’une ou de plusieurs actions ;

– s’inscrit dans une perspective de changement ;

– est situé dans le temps.

La démarche de projet ou d’étude fournit un cadre méthodologique pour atteindre un but fixé, à travers la réalisation d’une succession d’actions.

2. Les outils


Des outils de créativité et d’organisation sont utilisés à chaque étape de la démarche, tels que remue-méninges, questionnaire, enquête, interview, diagramme causes-effets, tableau ou graphique, grille d’observation, etc.

B Les étapes de la démarche : du diagnostic à l’évaluation


Avant d’entreprendre un projet ou une étude, il est indispensable de passer au préalable par une phase d’analyse du contexte de l’action. C’est une phase exploratoire qui permet d’identifier les besoins d’un groupe, et à partir de laquelle il est possible de dégager les priorités d’actions (par exemple : besoins de santé d’une communauté scolaire).

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Les acteurs sont multiples : initiateurs du projet ou de l’étude, concepteurs, réalisateurs, partenaires financiers, bénéficiaires. Des conventions peuvent être signées pour fixer la répartition des rôles.

C La méthodologie de la démarche de projet

1. Les objectifs


Un objectif est la formulation d’un but à atteindre. Il explicite les résultats escomptés du projet. Il indique le sens du projet, contribue à mobiliser l’équipe et les partenaires et est repris lors de la communication sur le projet. Il existe plusieurs niveaux d’objectifs :

l’objectif général porte sur le projet dans son ensemble. Formuler un objectif de manière claire, concise et compréhensible par tous est une étape essentielle ;

l’objectif spécifique (également appelé objectif stratégique) précise un aspect de l’objectif général. Il permet de spécifier l’objectif général afin de pouvoir déterminer les objectifs opérationnels en fonction d’un public, d’un milieu, d’un niveau d’intervention ;

les objectifs opérationnels, plus concrets, permettent d’atteindre l’objectif général. Ils annoncent les actions à réaliser. Ils doivent être mesurables et prendre en compte la réalité.

Au terme de l’action, lors de la phase finale de l’évaluation, il doit être possible de dire dans quelle mesure ces objectifs opérationnels ont été réalisés.

Les objectifs opérationnels définis au début de l’action peuvent être réajustés au cours du déroulement du projet, en fonction de son avancée. Les objectifs sont notamment réajustés lorsque l’évaluation du processus met en évidence un changement de situation ou une difficulté qui n’avait pas été prévue au départ.

2. Les objectifs SMART


Il existe des outils d’aide au pilotage de projet et en particulier à la formulation d’objectifs. L’outil SMART en est un exemple.

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D Planification et suivi de projet ou de l’étude

1. La démarche de planification


Elle permet de prévoir tous les éléments nécessaires au bon déroulement du projet :

– l’organisation ;

– les besoins et les ressources (moyens humains, financiers, matériels) ;

– l’inscription dans le temps (début, étapes intermédiaires et fin de projet).

Élaborée en concertation avec les acteurs concernés, la planification est un outil d’aide à la décision.

2. Les éléments de planification


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La démarche de suivi consiste à comparer en temps réel l’avancée du projet en fonction des éléments établis lors de la planification. À partir d’outils de suivi (journal de bord, calendrier prévisionnel), le suivi du projet est effectué régulièrement par l’équipe projet, selon une périodicité prévue lors de la phase de planification. Ce suivi permet de recueillir les éléments contributifs à l’évaluation du processus. Il aidera également l’équipe à définir les moments les plus appropriés pour communiquer sur l’action.

E Le financement

1. L’État


Il finance de nombreux projets ou études réalisés par des organismes nationaux ou régionaux selon la thématique.

EXEMPLES

La Délégation interministérielle des villes (Div), la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et la toxicomanie (Mildt), le Haut Comité de Santé publique, l’Observatoire national de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale, l’Institut National de Prévention et d’éducation à la santé (INPES)…

2. Les organismes de protection sociale


Le réseau de l’assurance-maladie (caisses primaires d’assurance-maladie et union régionale des caisses d’assurance-maladie) attribue des subventions dans le cadre du Fonds national de prévention d’éducation et d’information en santé (FNPEIS) ou des crédits spécifiques pour des actions particulières.

En fonction des thématiques, il est possible de faire appel à d’autres ministères, à des fondations et/ou répondre à des appels à projet.

F L’évaluation

1. Définition


L’évaluation est un outil de travail au service du projet qui permet de mesurer les résultats qualitatifs et quantitatifs en fonction des objectifs énoncés. C’est une réflexion et une remise en question qui accompagne le projet.

2. La démarche


La démarche d’évaluation commence au moment de l’élaboration du projet. Dès la définition des objectifs, ce que l’on veut évaluer et les critères à retenir doivent être définis.

L’évaluation produit de la connaissance sur l’action, donne des éléments de jugement, de valorisation, voire de négociation. Elle permet d’avoir une idée des effets de l’action, ou de l’implication des partenaires dans le projet, ou encore de la façon dont les moyens ont été utilisés.

3. Les outils


Informations d’origine externe : enquêtes de satisfaction, enquêtes d’image, prise en compte et analyse des plaintes d’usagers, compte rendu d’inspection et de contrôle, rapports d’audit qualité…

Informations d’origine interne : projet institutionnel, enquêtes de satisfaction, résultats des auto-évaluations, indicateurs et tableaux de bord, procédures formalisées, recueil d’information.

4. L’objet de l’évaluation


L’évaluation permet de :

– mesurer le degré de réalisation des objectifs opérationnels ;

– suivre l’action pour l’améliorer ;

– analyser, exploiter et valoriser le projet ;

– légitimer l’action ;

– justifier l’utilisation des crédits et/ou obtenir des financements ;

– déterminer si les moyens ont été utilisés de façon adéquate (moyens humains, matériels, logistiques, financiers…).

5. Les types d’évaluation


L’évaluation peut porter sur le processus ou sur les résultats.

L’évaluation du processus se concentre sur la mise en œuvre des mesures et sur le déroulement du projet. Elle est l’occasion de s’interroger sur l’organisation de l’équipe, la forme des interventions, le calendrier… Elle favorise le réajustement en fonction de besoins émergents et des résultats escomptés. Il s’agit de se donner les moyens d’identifier les freins, de pouvoir ajuster et modifier une situation, de changer les modalités de travail pour lever d’éventuels blocages.

L’évaluation des résultats rend compte de l’atteinte des objectifs fixés au départ. Elle apporte des éléments nécessaires à la poursuite du projet, à son orientation et à sa reproductibilité. Cette évaluation permet d’identifier les lacunes du projet et contribue à modifier les objectifs, à changer les activités proposées ou à impliquer différemment les partenaires.

6. Les formes de l’évaluation


L’auto-évaluation (ou évaluation interne) est réalisée au sein de l’équipe de projet. L’évaluation par un (ou des) tiers est confiée à un prestataire extérieur donc c’est le domaine d’expertise.

7. La démarche qualité


C’est un processus global, systématique et continu qui permet d’accroître la confiance dans la qualité du service rendu. Il consiste à examiner régulièrement des points clefs du fonctionnement de l’organisation et des actions pour anticiper les dysfonctionnements.

Il conduit à se questionner et à discuter en équipe sur les pratiques et l’organisation pour : analyser les points forts/les points faibles, conforter les acquis, comprendre les dysfonctionnements ; définir et mettre en œuvre des mesures concrètes pour améliorer la qualité ; s’assurer que ces mesures sont effectives et efficaces. La démarche qualité est participative ; elle implique tout l’organisme et s’appuie sur un engagement fort des responsables.

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Sources : INPES.

G Perspectives et valorisation du projet


Tout projet fait l’objet d’une présentation écrite qui permet de préciser et de concrétiser les étapes pour les intervenants et les différents partenaires (financeurs, etc.).

Cette présentation doit être claire, rigoureuse et pertinente. Son plan s’articule autour de plusieurs parties : constats et analyse de la situation ou du problème, finalités, objectifs, présentation des partenaires, des acteurs, actions prévues, calendriers, budgets, modalités d’évaluation.

La communication sur un projet se fait en interne et en externe. Elle permet de valoriser l’action, de faire connaître les résultats, d’atteindre des cibles…

Le projet est destiné à être consulté par toute personne intéressée par le sujet. Il doit donc être transmis aux organismes qui l’ont commandité et à ceux au sein desquels l’étude s’est déroulée. Il est mis à la disposition du plus grand nombre par l’intermédiaire des centres de documentation concernés.

Le rapport d’étude est soit imprimé, soit numérisé puis diffusé électroniquement par Internet.