Pôle « Politiques et dispositifs pour favoriser le bien-être social »

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Classe(s) : Tle ST2S | Thème(s) : La santé et le bien être social

Pôle « Politiques et dispositifs pour favoriser le bien-être social »

L’état de santé résulte de l’interaction de nombreux facteurs, ce qui entraîne la complexité et la diversité des concepts de santé individuelle et des populations. La santé est multifactorielle et dépend du comportement, de la situation sociale, des relations avec autrui, de la paix, de l’économie, de l’environnement et des politiques publiques.

1Qu’est-ce que la santé ? Qu’est‑ce que le bien-être social ?

A Approche individuelle de la santé


La santé est définie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme « un état complet de bien-être physique, mental et social qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». La santé n’est pas un état stationnaire. Elle évolue tout au long de la vie. Elle constitue un phénomène social autant qu’individuel.

La santé est un état subjectif : il varie suivant les individus (notion de seuil de tolérance), selon la satisfaction des besoins fondamentaux (besoins physiologiques, besoins alimentaires…) et selon les conditions de vie des individus, des groupes et leurs exigences (notion de qualité de vie).

La santé est un état non mesurable et plus difficile à évaluer que les altérations, c’est-à-dire que les états pathologiques. Les moyens d’investigation ne sont pas fiables à 100 % et les normes biologiques évoluent sans cesse.

La santé est un état variable. La frontière entre le « normal » et le pathologique est sans cesse déplacée par l’état des connaissances. L’état de santé varie d’un individu à l’autre : selon le sexe, l’âge, la catégorie sociale, la culture, l’époque, les normes de la société dans laquelle il vit.

La santé est un état dynamique : l’équilibre de chacun est instable. Il faut constamment le reconquérir, c’est-à-dire que l’organisme doit réagir efficacement aux agressions dont il est victime. Chaque individu doit pouvoir s’adapter de façon autonome aux changements de son environnement. Cette capacité à résister aux agressions relève de composantes génétiques et acquises (mode de vie, immunité…).

Les textes fondamentaux

L’affirmation du droit à la santé est inscrite dans les textes fondamentaux français et internationaux.

Elle apparaît pour la première fois dans la Déclaration des droits de l’homme de 1789 : « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille. »

Le Préambule de la Constitution française de 1946 et 1958 stipule : « La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement […]. »

La Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (2000) « reconnaît et respecte le droit d’accès aux prestations de sécurité sociale et aux services sociaux […] ».

Le droit d’être soigné sans discrimination, quelle que soit sa condition économique et sociale, et de bénéficier d’une vie décente est ainsi un droit fondamental. Il doit permettre l’égalité pour tout individu dans l’accès aux soins, aux institutions, à la prévention, à un environnement sain.

En France, l’État garantit ce droit, par le biais de la Sécurité sociale, de la couverture maladie universelle (CMU), des organismes de prévoyance, des établissements de santé, de la prévention.

Le droit à la santé est également affirmé en Europe et sur le plan international. Parmi les textes :

– la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 ;

– la Conférence internationale sur les soins de santé primaires réunie à Alma-Ata en 1978, qui souligne la nécessité d’une action urgente de tous les gouvernements, de tous les personnels des secteurs de santé et du développement, ainsi que de la communauté mondiale pour protéger et promouvoir la santé de tous les peuples du monde ;

– la Première Conférence internationale pour la promotion de la santé (Ottawa, 1986), crée une charte pour l’action, visant la santé pour tous. La Charte d’Ottawa repose sur 5 stratégies d’intervention de promotion de la santé :

– élaborer une politique publique saine,

– créer des milieux favorables,

– renforcer l’action communautaire,

– acquérir des aptitudes individuelles,

– réorienter les services de santé ;

– la Charte sociale européenne des droits sociaux fondamentaux de 1989 et le traité d’Amsterdam de 1999.

B Approche collective : la notion de santé publique


La santé publique consiste à prendre en charge collectivement la santé de la population dans son milieu de vie, qu’il s’agisse de soins, de prévention, d’éducation ou d’hygiène sociale. Elle a pour mission de protéger les individus et d’améliorer leur bien-être. Elle mène des actions sur l’individu, ses comportements et son environnement (par exemple : lutte contre l’obésité ou les conduites addictives ; prévention des cancers ; réduction des accidents de la route…).

La loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique vise à la protection et la promotion de la santé de la population en renforçant les dispositifs de prévention des maladies, traumatismes ou incapacités. Elle définit tous les 5 ans les objectifs de la politique de santé publique. Une nouvelle loi de santé publique est prévue en 2015.

C Le bien-être social : une construction dynamique


Le bien-être social possède les mêmes caractéristiques que le bien-être physique ou psychique. C’est aussi un état changeant soumis à de nombreuses évolutions selon les circonstances. L’homme doit pouvoir satisfaire certains besoins pour atteindre un état satisfaisant. La pyramide de Maslow est une classification hiérarchique des besoins humains (besoins primordiaux, de sécurité, d’appartenance, d’estime de soi, de réalisation de soi).

Fig. 1 – La pyramide de Maslow

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D Processus de socialisation, normes sociales et insertion sociale


La culture est un ensemble de manières de vivre, de penser et de sentir. C’est donc un ensemble de conduites reconnues et partagées par un certain nombre de personnes. La culture est le propre des civilisations humaines mais peut varier d’une société à l’autre. Elle est évolutive dans le temps.

Chaque culture véhicule un certain nombre de valeurs, c’est-à-dire de principes qui servent de références à l’ensemble des individus et qui guident leurs comportements. Certaines de ces valeurs peuvent être dominantes (par exemple : respect de la vie d’autrui) alors que d’autres sont plus relatives. Les valeurs peuvent varier dans l’espace et dans le temps et d’un individu à l’autre en fonction de son éducation ou de sa place dans la société.

La norme est une règle que le groupe se donne et qui permet le respect des valeurs. La valeur est abstraite tandis que la norme est concrète. Certaines normes relèvent de la coutume (règles de politesse) alors que d’autres relèvent de la loi (ne pas fumer dans les lieux publics). Le principe de précaution, qui est une valeur, se traduit par des normes législatives, relatives par exemple à la transfusion sanguine.

L’apprentissage des normes se fait à travers la socialisation et le contrôle social.

Le terme « socialisation » désigne l’ensemble des mécanismes par lesquels l’individu intériorise les normes et valeurs de son groupe d’appartenance et construit son identité sociale. C’est de ce processus que dépend son intégration au sein du groupe, et plus largement de la société tout entière.

La socialisation est une suite d’opérations permettant de passer d’un état à un autre. Il s’agit d’une dynamique par laquelle une personne apprend le mode de vie en société, acquiert une personnalité et développe ses capacités à fonctionner à la fois comme membre d’un groupe et comme individu.

L’identité sociale est ce qui différencie un individu d’un autre, ce qui en fait un être propre. Elle se construit à partir de l’inné, du milieu d’appartenance et du milieu de référence. Elle est en grande partie identifiée par le statut et le rôle de l’individu dans la société.

L’intégration sociale est le partage des valeurs d’un groupe, de ses opinions et ses attitudes. Est intégré celui qui est reconnu comme appartenant au groupe et pouvant participer à la vie de groupe.

Les mots à savoir

Bien-être : fait d’être satisfait dans ses besoins, ou exempt de besoins.

Besoin : exigence de la vie sociale ou du corps, nécessaire à l’existence.

Statut social : position d’un individu dans un groupe donné.

Rôle social : attitudes qui sont attendues d’un individu, compte tenu de son statut. Ce rôle varie dans le temps et l’espace.

Insertion sociale : intégration d’un individu dans un milieu social, dans une société donnée.

Normes sociales : règles, explicites ou implicites, qu’une société se donne.

Habitus : manière qu’a un individu d’intérioriser les normes et les valeurs propres à son environnement, à son groupe social de référence.

Interactions : actions réciproques porteuses d’influences mutuelles entre les êtres sociaux.

Une norme sociale peut avoir un impact sur les concepts de santé et de bien-être social dans la mesure où elle influence et modifie leur approche.

2Comment apprécier la santé et le bien‑être social ?

A Diversité des indicateurs de santé


Un indicateur est une notion générale désignant un outil de mesure ou un critère d’appréciation de l’état d’un phénomène à un moment donné (indicateurs démocratiques, sanitaires, sociaux, de développement humain, socio-économiques). Il existe une variété de données statistiques permettant d’évaluer une situation.

Les indicateurs de santé sont des éléments statistiques visant à évaluer une situation (par exemple : état de santé d’une population) sur un plan qualitatif et quantitatif. On distingue la mortalité, la mortalité infantile, la morbidité, l’espérance de vie, l’incidence et la prévalence. Les indicateurs peuvent être exprimés en valeur absolue (nombre) ou en valeur relative (% ou ‰).

Les indicateurs démographiques sont des données chiffrées qui visent à connaître l’état, la situation et l’évolution d’une population. Ce sont : la natalité, la mortalité et l’espérance de vie à la naissance.

Les indicateurs sanitaires sont directement liés à l’état de santé. Ce sont : la mortalité infantile, la morbidité, l’incidence et la prévalence.

Les indicateurs économiques et sociaux permettent d’évaluer la situation économique d’un pays (par exemple : le taux de chômage). Les indicateurs sociaux mesurent la qualité de vie de la population. Ils sont définis par l’OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique). L’indicateur de développement humain (IDH) est un indicateur socio-économique. Il se calcule par pays à partir de l’espérance de vie, du taux d’alphabétisation et de la richesse.

Tous ces indicateurs sont recueillis par différents organismes : INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), INED (Institut national des études démographiques), OMS (Organisation mondiale de la santé), CNAM (Caisse nationale d’assurance-maladie), CREDES (Centre de recherches, d’études et de documentation en économie de la santé), INSEE (Institut national des statistiques et des études économiques), etc.

Les mots à savoir

Espérance de vie : nombre moyen d’années que peut espérer vivre une personne née aujourd’hui.

Taux de fécondité : nombre moyen d’enfants par femme en âge de procréer.

Taux de natalité : nombre de naissances pour 1 000 habitants pour une année donnée.

Taux de mortalité : nombre de décès pour 1 000 habitants pour une durée donnée.

Taux de morbidité : nombre de personnes malades dans une population donnée.

Incidence : nombre de nouveaux cas d’une maladie donnée ou de personnes qui en sont atteintes pendant une période donnée sur une population.

Prévalence : nombre de cas (sans distinguer les anciens des nouveaux cas) d’une maladie donnée dans une population déterminée.

Indicateur de développement humain : donnée chiffrée qui permet d’évaluer la situation sociale et le degré de développement social d’un pays.

B Intérêt des indicateurs


Les indicateurs permettent aux pouvoirs publics et aux acteurs sociaux d’orienter les choix en matière de politique familiale, de santé publique, d’aménagement du territoire.

3Quels sont les principaux déterminants de santé et de bien-être social ?


À chaque étape de la vie, l’état de santé se caractérise par des interactions complexes entre plusieurs facteurs d’ordre socio-économique, en interdépendance avec l’environnement physique et le comportement individuel. Ces facteurs sont désignés comme les « déterminants de la santé ». Ils n’agissent pas isolément : c’est la combinaison de leurs effets qui influe sur l’état de santé.

A La diversité des déterminants


Les déterminants biologiques ou génétiques sont inscrits dans le patrimoine génétique d’un individu et ne sont pas modifiables par lui. Ils peuvent être innés (une maladie génétique) ou acquis (la couverture vaccinale).

Les autres déterminants

• Le premier niveau « Facteurs liés au style de vie personnel » concerne les modes de vie et les comportements (consommation d’alcool, de tabac ou de drogues, sédentarité, mauvaises habitudes alimentaires, comportements sexuels à risques, etc.).

• Le second niveau « Réseaux sociaux et communautaires » comprend les influences sociales et collectives : la présence ou l’absence d’un soutien mutuel dans le cas de situations défavorables a des effets positifs ou négatifs. Ces interactions sociales et ces pressions des pairs influencent les comportements individuels de façon favorable ou défavorable.

• Le troisième niveau « Facteurs liés aux conditions de vie et de travail » concerne les déterminants liés à l’environnement (niveau socio-économique du pays ; accès au travail, accès aux services et aux équipements : eau, habitat, services de santé, nourriture, l’éducation mais aussi les conditions de travail).

• Le quatrième niveau « Conditions socio-économiques, culturelles et environnementales » comprend les facteurs qui influencent la société dans son ensemble. Ces conditions, comme la situation économique du pays et les conditions du marché du travail, ont une incidence sur toutes les autres strates. Le niveau de vie atteint dans une société peut par exemple influer sur les possibilités d’obtenir un logement, un emploi ou d’entretenir des interactions sociales, ainsi que sur les habitudes alimentaires et de consommation de boissons. Ce sont des facteurs extérieurs à l’individu et au système de soins. Un grand nombre de problèmes sanitaires et sociaux sont liés au milieu de vie.

B Interaction entre les différents déterminants


Le rôle des déterminants de la santé, dont les facteurs psychosociaux intervenants dans les éléments explicatifs des inégalités sociales de santé, fait l’objet de nombreux travaux de recherche. Ces facteurs renvoient aux capacités d’agir des personnes, à savoir la capacité de participer pleinement à la vie sociale et le sentiment de maîtrise de sa destinée (empowerment).

Les déterminants sont souvent interdépendants et associés. L’état de santé d’une personne est largement influencé par des déterminants sociaux. Le bien-être social est considéré comme un déterminant de l’état de santé des individus. L’épidémiologie est la science qui étudie la répartition et la fréquence des problèmes de santé dans les populations humaines ainsi que le rôle des déterminants de santé.

4Comment émergent les problèmes de santé et les problèmes sociaux ?

A La reconnaissance des problèmes sanitaires par la collectivité


La réglementation mise en place par les pays joue un rôle sur l’état de santé des populations et a des effets positifs sur la réduction des pathologies ou des accidents (par exemple : obligation de vaccination, interdiction de l’alcool au volant, dépistage obligatoire, assainissement de l’eau, lutte contre la pollution, etc.).

Certains pays ont des pratiques qui nuisent à la santé des populations (par exemple : excision des jeunes filles, mariage précoce et grossesses chez de très jeunes filles entraînant des taux élevés de mortalité infantile). Souvent la pauvreté, la guerre, les situations de conflits ethniques sont la cause de situations défavorables à la santé.

Les contextes sociaux ont aussi une influence sur la santé (par exemple : lien entre les classes sociales et l’obésité). En France, un certain nombre de catégories sociales sont écartées des progrès sociaux du fait de la précarité de l’emploi, du chômage, de la stagnation des salaires, de l’augmentation du prix des loyers, etc. Il y a aujourd’hui, en France, 8,6 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, dont 2 millions d’enfants, ce qui implique forcément des conséquences pour la santé des individus.

À l’échelon mondial, on distingue les populations « Nord » et « Sud ». La cartographie Nord-Sud est établie à l’aide du PIB/habitant, du PNB et de l’IDH (indice de développement humain). Parmi les facteurs de risque liés à la pauvreté : l’insuffisance pondérale, l’usage d’eau non potable, le défaut d’assainissement et d’hygiène, les pratiques sexuelles dangereuses (sida), la carence en fer et la pollution à l’intérieur des habitations due à l’usage de combustibles solides.

Le lien entre biodiversité et santé est aussi manifeste : selon l’ONU, environ 5 millions de personnes meurent de maladies infectieuses ou parasitaires dues à l’eau chaque année.

Un problème est dit « de santé publique » s’il remet en cause l’équilibre et le fonctionnement de la société par son importance ou ses conséquences : par exemple, en France actuellement, les cancers, les accidents de la route, les conduites addictives (alcoolisme, tabagisme, drogues), l’obésité sont considérés comme des problèmes de santé publique.

La santé publique prend en charge collectivement la santé de la population dans son milieu de vie, qu’il s’agisse de soins, de prévention, d’éducation ou d’hygiène sociale. L’évaluation des risques permet de fixer des seuils environnementaux (eau, pollution, alimentation…).

Le principe de précaution repose sur une nouvelle conception de l’évaluation des risques, fondée sur une analyse de toutes leurs conséquences potentielles, même en l’absence de données sur leurs probabilités de réalisation. Il doit permettre une intervention précoce du décideur public en situation d’incertitude et l’adoption de mesures proportionnées à l’ampleur des risques. Les mesures de précaution sont inscrites dans les déclarations internationales et dans le traité de Maastricht ainsi qu’au niveau national.

Les crises sanitaires sont des pandémies importantes qui touchent entre une dizaine et des millions de personnes. Elles peuvent avoir des coûts économiques, sociaux et politiques considérables. La France a connu plusieurs crises sanitaires : cancers liés à l’amiante, ESB, canicule d’août 2003, sang contaminé, grippe aviaire… Le virus Ebola constitue une crise épidémique depuis 2014. Un centre de crise sanitaire, crée en 2012 au sein du ministère des Affaires sociales et de la santé, a pour double objectif la prévention et la gestion des crises sanitaires. En liaison avec les agences régionales de santé, les centres opérationnels des ministères et institutions, il anticipe les différentes hypothèses probables, coordonne la réponse sanitaire et assure la gestion des situations d’urgences sanitaires (épidémies, canicule, accidents, etc.).

Les mots à savoir

Le risque sanitaire est un danger éventuel plus ou moins prévisible dont les causes sont la croissance démographique, les modes de vie, les technologies, les zoonoses.

Une maladie émergente est une maladie dont l’incidence réelle augmente de manière significative dans une population donnée, par rapport à la situation épidémiologique habituelle de cette maladie.

Dans les pays développés, le poids des risques infectieux a considérablement diminué. Ils ne représentent plus aujourd’hui que 1,2 % des décès. Cette réduction est la principale explication des progrès de l’espérance de vie à la naissance.

Fig. 3 – Les facteurs influençant la santé

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Sources : Éducation à la santé en milieu scolaire : un guide pour choisir, élaborer et développer un projet, INPES, 2007.

B Problématiques sociales : inégalités sociales, précarité et exclusion


Les inégalités sont les écarts entre les différentes conditions de vie (logement, travail, loisirs…). On constate des inégalités selon le sexe, le travail, la santé, le logement, les conditions de vie, le lieu de résidence, le niveau d’étude ou d’éducation, la situation familiale.

La précarité est l’absence d’une ou plusieurs des sécurités permettant aux personnes et aux familles d’assumer leurs responsabilités élémentaires et de jouir de leurs droits fondamentaux. C’est une fragilisation, une vulnérabilité qui peut être la première étape vers l’exclusion : la précarité est la situation sociale d’une personne qui, à la suite d’un événement (maladie, chômage…), peut basculer dans de grandes difficultés.

L’exclusion peut se définir comme le rejet, la mise à l’écart d’une personne par son groupe d’appartenance. L’exclusion sociale n’est pas un phénomène nouveau. Au fil du temps, différentes catégories d’individus ont été rejetées par le corps social (par exemple : les fous, les pestiférés…).

L’exclusion est multifactorielle et un certain nombre d’altérations de la santé peuvent la générer : la maladie mentale, le sida, le handicap… D’autres facteurs peuvent générer de l’exclusion : la vieillesse, la délinquance, l’habitat et le logement précaire, l’échec scolaire, l’absence de formation, le chômage, une culture différente…

L’exclusion peut être économique, professionnelle, liée à l’habitat, culturelle, affective, géographique, liée à l’état de santé.

Les facteurs de précarité et d’exclusion sont :

– le chômage ;

– les jeunes en rupture familiale ;

– les familles monoparentales ;

– les personnes d’origine étrangère ;

– les personnes surendettées.

La connaissance des différents facteurs de précarité permet de mettre en place des dispositifs adaptés à chaque situation.

La reconnaissance de problèmes sociaux par la collectivité prend différentes formes. La plupart du temps, ce sont des personnalités qui lancent des appels par l’intermédiaire des médias pour sensibiliser la population et agir, lutter, manifester contre la misère et la pauvreté.

En 1988, l’Observatoire de la pauvreté et de l’exclusion sociale est créé en France par les pouvoirs publics afin de résoudre ces difficultés et soutenir les associations qui interviennent en ce sens comme par exemple Les Restos du Cœur, Emmaüs, la Banque alimentaire, etc.

Dans d’autres cas, les pouvoirs publics se mobilisent parce que certains problèmes sont posés et traités en fonction des réactions qu’ils suscitent de la part de l’environnement social. Exemple : la lutte contre les discriminations, les problèmes de délinquance ou d’immigration.

Les mots à savoir

Empêchement : impossibilité d’entrer dans le monde des « inclus » pour, par exemple les jeunes sans qualification.

Reproduction : phénomène où l’exclusion s’inscrit dans une histoire familiale et se reproduit de génération en génération.

Basculement : passage, souvent progressif et insidieux, du monde des inclus à l’exclusion ; il arrive après un événement qui entraîne une rupture.

Disqualification : fragilité, dépendance d’un individu.