Puissance des géants du numérique, impuissance des États ?

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Classe(s) : 1re Générale | Thème(s) : Fondements et formes de la puissance : approche historique et géopolitique
 

Derrière l’acronyme GAFAM se cachent des firmes transnationales américaines spécialisées dans la mise en œuvre de services numériques. Elles ont pour rivales les BATX, ces entreprises chinoises qui s’imposent à leur tour comme des géants d’Internet.

I Des nouveaux géants

1 Un poids économique sans précédent

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Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) sont l’ensemble des techniques numériques qui permettent le traitement et la transmission des informations.

Les nouvelles technologies ont permis, depuis la fin du xxe siècle, une accumulation de capital et de richesse inédite. En 2017, la capitalisation boursière des GAFAM dépasse les 3 000 milliards de dollars, soit plus que le PIB de la France.

Les entreprises de ce secteur tirent leurs bénéfices d’activités à forte économie d’échelle – le coût d’un client baisse quand leur nombre augmente – et à forts effets de réseau – l’utilité d’un bien augmente avec le nombre d’utilisateurs.

De par leur taille, ces entreprises mondialisées pèsent sur le développement des territoires et concurrencent la puissance étatique. C’est ainsi qu’en 2017 le Danemark s’est doté d’un ambassadeur auprès des GAFAM.

2 Une capacité d’influence qui inquiète

Les GAFAM et les BATX constituent des monopoles dans leur domaine. ­Google, par exemple, concentre 90 % des requêtes sur Internet dans le monde.

Ces entreprises tirent également leur puissance de la collecte des données personnelles de leurs utilisateurs. Grâce à des algorithmes de plus en plus performants, elles peuvent anticiper les demandes et orienter les choix.

S’agissant de l’information, notamment politique, cette puissance représente un risque pour la démocratie. Facebook aurait ainsi influencé le vote des citoyens britanniques en faveur du Brexit en 2016.

 

 

INFO + GAFAM et BATX

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II Une reprise en main par les États ?

1 La mise en place d’autorités de contrôle

Face à la puissance des GAFAM et BATX, les Nations unies ont tenté dans les années 2000 de mettre en place une gouvernance mondiale d’Internet, sans succès.

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La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) est l’administration publique française qui contrôle la conformité des usages informatiques par rapport à la loi.

De son côté, l’Union européenne a promulgué en mai 2018 un règlement général pour la protection des données (RGPD), protégeant les citoyens contre l’utilisation frauduleuse de leurs données personnelles. C’est à ce titre qu’en janvier 2019, la CNIL a condamné Google à une sanction de 50 millions d’euros pour non-respect de la RGDP.

2 Entre censure et contrôle d’Internet

Certains États cherchent à contrôler l’utilisation d’Internet, en instaurant une censure. C’est le cas en Corée du Nord ou en Iran, par exemple.

La Chine utilise les données collectées en ligne (ou big data) pour un programme de « crédit social » qui classe les citoyens selon leur « fiabilité ».