Fiche de révision

À quoi servent les personnages animaux dans la fiction ?

Contenu

Des récits mythologiques aux écrits contemporains, l'animal s'impose comme une source d'inspiration fertile, particulièrement dans la fiction où il est souvent un personnage à part entière. Comment expliquer cette présence de l'animal en littérature ?

I Divertir, captiver

1 Le plaisir de l'imaginaire

Dès l'Antiquité, Ésope et Phèdre mobilisent dans leurs fables un riche bestiaire. En véritables enchanteurs, ils transforment les animaux en créatures parlantes douées de conscience. « Tout parle en mon ouvrage, et même les poissons, » déclare La Fontaine au XVIIe siècle à propos de ses Fables (1668-1694), inspirées des fabulistes antiques .

Mot clé

Un bestiaire désigne, au Moyen Âge, un recueil de récits allégoriques, religieux et moraux sur les animaux. Par extension, il renvoie à l'ensemble des animaux figurant dans une œuvre.

Recourir à des personnages animaux permet de marquer l'esprit des lecteurs, et notamment des plus jeunes : La Fontaine fustige par exemple les abus des puissants à travers l'exemple de l'Agneau injustement dévoré par le Loup, dans la fable éponyme.

2 Des animaux fascinants

Au Moyen Âge, le Roman de Renart met en scène une comédie animale qui obtient un immense succès populaire.

Les contes de Perrault mettent en avant l'étrangeté parfois inquiétante de l'animal, comme dans « Le Petit Chaperon rouge » où le loup semble incarner les désirs bestiaux tapis à l'intérieur de l'homme.

Les personnages animaux sont cependant des vecteurs privilégiés du merveilleux : ainsi de l'ingénieux chat doué de parole qui fait le bonheur de son maître dans « Le Chat botté », ou de l'âne aux vertus surnaturelles dans « Peau d'âne ».

L'animal fascine également par sa plasticité : il offre de multiples facettes inattendues, et sans cesse renouvelées. Le chat-huant, harcelé et torturé par les autres oiseaux, devient par exemple la métaphore du poète incompris dans les Fables de Florian (1792).

II Questionner, critiquer

1 Dénoncer les vices

Les personnages animaux fonctionnent souvent comme les miroirs critiques de travers humains. « Je me sers d'animaux pour instruire les hommes », précise La Fontaine, qui assigne à ses Fables une mission d'édification morale fidèle à l'esthétique classique.

Dans sa Lettre d'un singe aux êtres de son espèce (1781), Restif de La Bretonne place dans la bouche d'un primate des considérations mordantes sur nos vices (avidité, lâcheté…), pour mieux les combattre.

Le détour par l'animal permet de mettre au jour la violence des rapports sociaux. Dans la Satire première (1773), Diderot fait le portrait animalier de ses semblables : l'individu le plus commun est « l'homme mouton » doux et docile, mais celui-ci cohabite avec « l'homme tigre », « l'homme serpent » ou encore « l'homme loup ».

À noter

Au XVIIe siècle, Charles Le Brun s'inspire de la physiognomonie pour dessiner des visages humains dotés de traits animaliers troublants .

2 Remettre en cause le statut et la place de l'homme

Recourir à des animaux permet de remettre en question la place de l'homme et sa supériorité autoproclamée sur les autres espèces.

Dans ses États et Empires du Soleil (éd. posthume, 1662), Cyrano de Bergerac imagine un monde inversé où des oiseaux parlants intentent un procès à l'homme, dont la cruauté est ridiculisée. De même, dans le Dialogue du chapon et de la poularde de Voltaire (1763), deux volailles dans l'attente d'être dévorées dénoncent la brutalité barbare des humains.

Dans Les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift (1721), ce sont les Houyhnhnms, des chevaux dotés d'intelligence et de sagesse, qui sont supérieurs aux orgueilleux Yahoos, semblables aux humains.

L'essentiel

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