Repères biographiques : André Gide

Merci !

Fiches
Classe(s) : Tle L | Thème(s) : Gide : Les Faux-Monnayeurs, Journal des faux-monnayeurs (bac 2017-2018)
&nbsp

&nbsp André Gide naît à Paris le 22&nbsp novembre&nbsp 1869 d&rsquo un père professeur de droit et d&rsquo une mère appartenant à la riche bourgeoisie d&rsquo affaires du&nbsp Havre. La fortune familiale le délivrera du souci de travailler pour gagner sa vie. Son éducation, protestante, n&rsquo en est pas moins très stricte. Ses études sont classiques, même si elles furent parfois décousues.

LES TOURMENTS D&rsquo UNE ÂME INQUIÈTE (1891-1909)

&nbsp Son entrée en littérature se place sous le signe du symbolisme avec Les Cahiers d&rsquo André Walter et Le Traité du Narcisse (1891). Un séjour en Tunisie (1893-1895), pour y soigner sa tuberculose, lui fait prendre conscience de son homosexualité. Les Nourritures terrestres (1897), qu&rsquo elle inspire, sont un hymne à la vie, à la sensualité et au plaisir. Leur épicurisme fervent et cultivé fait très vite de Gide le maître à penser de toute une génération.

&nbsp Ses inquiétudes religieuses, profondes et anciennes, n&rsquo en disparaissent pas pour autant. Gide reste déchiré entre ses aspirations à la liberté et le poids des tabous sociaux et moraux. Preuve en est son mariage blanc en 1895 avec sa cousine, Madeleine Rondeaux. L&rsquo Immoraliste (1902) puis surtout La Porte étroite (1909) confortent sa notoriété.

L&rsquo ANIMATEUR DE LA VIE INTELLECTUELLE (1909-1920)

&nbsp En 1909, avec quelques amis, Gide fonde la Nouvelle Revue Française (N.R.F.) où se retrouvent bientôt les jeunes et futurs grands écrivains de l&rsquo époque (Proust, Valéry, Giraudoux, Roger Martin du Gard). Deux ans plus tard, il s&rsquo associe avec Gaston Gallimard (1881-1975), le futur grand patron des éditions Gallimard. Les Caves du Vatican (1914) rencontrent un accueil mitigé&nbsp : les uns s&rsquo enthousiasment pour leur hardiesse, d&rsquo autres s&rsquo en scandalisent. Durant la Première Guerre mondiale à laquelle il ne participe pas (à près de 45 ans, il n&rsquo est pas mobilisable), Gide se dévoue dans des œuvres de bienfaisance et poursuit l&rsquo écriture de son Journal, qu&rsquo il tient depuis 1889.

LA CONQUÊTE DE SA LIBERTÉ (1920-1925)

&nbsp Les années d&rsquo après-guerre sont celles d&rsquo une triple libération&nbsp : sociale, morale et littéraire. La rencontre de Marc Allégret, dont il s&rsquo éprend, provoque sa rupture avec son épouse. Corydon (1924), qui est une apologie de l&rsquo homosexualité, puis Si le grain ne meurt (1926), une autobiographie sans concession, le libèrent de son passé et de tous les tabous. Les Faux-Monnayeurs (1925), enfin, explorent des techniques nouvelles d&rsquo écriture romanesque. Ses audaces, la profondeur de ses analyses psychologiques et son rôle dans l&rsquo édition font de Gide un &laquo &nbsp contemporain capital&nbsp &raquo (selon le mot d&rsquo André Rouveyre en 1924) et le placent au centre de la vie&nbsp intellectuelle.

LES ENGAGEMENTS ET LA CONSÉCRATION (1925-1951)

&nbsp Après Les Faux-Monnayeurs, Gide s&rsquo éloigne de la littérature pour s&rsquo engager politiquement. Suite à ses voyages en Afrique, il rédige deux violentes charges contre le colonialisme&nbsp : Voyage au Congo (1927) et Le Retour du Tchad (1928). La montée du fascisme le voit soutenir les mouvements pacifistes. Le communisme le séduit. Mais, lors d&rsquo un voyage en URSS, il en découvre le visage totalitaire&nbsp : son critique Retour de l&rsquo U.R.S.S. (1936) marque sa rupture avec le Parti communiste français. Gide vit l&rsquo essentiel de la Seconde Guerre mondiale en Tunisie, où il s&rsquo est retiré. La consécration l&rsquo attend peu après la fin de la guerre&nbsp : il obtient, en 1947, le prestigieux prix Nobel de littérature.

&nbsp Gide meurt le 19&nbsp février 1951 et est enterré auprès de Madeleine dans le petit cimetière normand de Cuverville, où il possédait depuis longtemps une propriété.