Repères biographiques : Madame de Lafayette

Merci !

Fiches
Classe(s) : Tle L | Thème(s) : Madame de Lafayette/Bertrand Tavernier : La Princesse de Montpensier (bac 2018-2019)
 

 Marie-Madeleine Pioche de La Vergne naît à Paris en 1634. Son éducation est soignée, à la fois littéraire et mondaine. En 1655, elle épouse le comte de Lafayette, de vieille noblesse, et de dix-huit ans son aîné (une différence d’âge fréquente à l’époque). Deux fils naîtront de leur union. De 1655 à 1659, Mme de Lafayette vit en Auvergne, sur les terres de celui-ci. Lui est un campagnard, elle est une mondaine. Sans qu’il y ait de vraie mésentente, le couple se sépare de fait. En 1659, Mme de Lafayette rentre à Paris, pour ne plus en repartir.

UNE PRÉCIEUSE ET UNE MONDAINE

 Jeune fille, elle a fréquenté très tôt la Cour : à seize ans, elle est demoiselle d’honneur de la reine Anne d’Autriche et elle aura pour amie et protectrice Madame, la propre belle-sœur de Louis XIV. Mme de Lafayette a ses entrées dans la plupart des salons les plus célèbres de Paris, où se retrouve l’élite intellectuelle et artistique du temps : l’hôtel de Rambouillet, centre historique de la préciosité1 ; le salon de la romancière Mlle de Scudéry, chantre de la préciosité, ou de Mme du Plessis-Guénégaud. Elle-même tient son propre salon, rue de Vaugirard. La vie de salon offre alors à la femme une souveraineté qu’elle ne possède pas dans la vie réelle. La conversation y est érigée en art, et la galanterie, qui codifie les relations amoureuses en dehors du mariage, en règle absolue.

UN ESPRIT BRILLANT

 Mme de Lafayette, dont chacun reconnaît les qualités d’esprit, vit ainsi au milieu de savants et d’écrivains. Elle est en relation avec Racine, La Fontaine, Boileau et sa parente, Mme de Sévigné. L’académicien Segrais (1624-1701) fait partie de ses intimes. Le poète, historien et grammairien Gilles Ménage (1613-1692), de vingt et un ans son aîné, s’attache à ses pas, devient son chevalier servant. C’est avec lui que Mme de Lafayette élaborera l’Histoire de la princesse de Montpensier. Vers 1655, elle se lie avec le duc de La Rochefoucauld (1613-1680), l’auteur désabusé des Maximes et sentences morales (1664), qui jette sur la passion amoureuse un regard ironique et volontiers pessimiste.

UNE ROMANCIÈRE CÉLÈBRE ET ORIGINALE

 Évoluant dans un milieu lettré, Mme de Lafayette s’est tôt mise à écrire. Ses œuvres vont bouleverser la tradition roma­nesque jusque-là établie. En 1662, paraît anonymement l’Histoire de la princesse de Montpensier, qui lance le genre de la nouvelle historique. En 1669 et 1671, paraissent sous le nom de Segrais (tant il était inconvenant pour une femme de publier sous son propre nom) les deux volumes d’un roman héroïque, Zaïde. Le succès en est vif. Surtout paraît en 1678 son chef-d’œuvre, La Princesse de Clèves, qui rompt avec les interminables romans précieux et qui inaugure la tradition du roman d’analyse psychologique. Mme de Lafayette meurt en 1693. En 1720 paraît à titre posthume La Comtesse de Tende puis, en 1731, ses Mémoires de la Cour de France pour les années 1688 et 1689.

NOTES

 

1. Préciosité : mouvement littéraire et intellectuel du milieu du xviie siècle qui, à l’origine, n’a rien de ridicule, et se caractérise par un désir de raffinement des relations mondaines et par le goût des subtilités et des nuances, notamment dans le domaine amoureux.