Reprises, variations, imitations


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Classe(s) : 1re L | Thème(s) : Les réécritures
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Reprises, variations, imitations
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Comment penser l’imitation ? Peut‑on la justifier ?

1Des thèmes intemporels

ALes mythes et les grandes figues héroïques

 Les mythes, et plus particulièrement la mythologie gréco-romaine, sont pris et repris à travers l’histoire littéraire, qu’on en enrichisse le récit, qu’on le transpose dans une autre époque, qu’on en réinterprète le sens.


info Don Juan a inspiré Molière (théâtre, 1665), Mozart (opéra, 1787), Mérimée (nouvelle, 1834) et Baudelaire (poème, 1857). Son nom est passé dans le langage courant pour désigner un séducteur.

 Certains personnages prennent le statut de mythe dans la mesure où ils sont suffisamment riches pour donner lieu à de nombreuses réécritures et interprétations. Ainsi le personnage de Don Juan devient une figure mythique, qu’il soit l’expression d’une révolte contre Dieu, contre les codes et croyances de la société du xviie siècle, qu’il soit figure de la conquête et du plaisir ou de l’ennui et de la mort.

BLes topoï ou lieux communs

 On parle de topoï pour désigner les passages obligés (>fiche27). Ils s’organisent selon de grandes thématiques : « la fuite du temps », « la rencontre amoureuse », « la scène d’aveu »…

 Il faut toujours apprécier la manière singulière qu’un auteur a de traiter ce « lieu commun », la façon dont il s’en empare.

2L’imitation, histoire d’une idée

AL’imitation est une source d’invention

 Au xvie siècle, on redécouvre les textes anciens et l’imitation est un mot d’ordre : du côté de la langue française, pour l’enrichir, la revitaliser ; du côté des textes et des sources, pour les revendiquer et s’en nourrir(>fiche42).

 Au xviie siècle, les dramaturges, non seulement puisent leurs sources chez les Anciens, mais suivent de près la poétique notée par Aristote. Ils en tirent des tragédies françaises du xviie siècle et non de pâles copies des pièces antiques.

BImiter n’est plus inventer

 La notion d’œuvre originale date de l’émergence de l’écrivain comme auteur propriétaire de son œuvre et protégé par la loi (à partir de la loi Le Chapelier en 1791).

 Les causes de ce changement de statut sont la plus large diffusion des œuvres et les changements de mentalité : culte de l’individu, importance accordée au « moi » et à l’expression de ses propres sentiments. Tout le xixe siècle ira dans ce sens.

 On recherche alors dans l’œuvre l’originalité qui fait l’artiste. Dès ce moment, la copie est considérée comme un plagiat, et le plagiaire peut être attaqué en justice.

CImiter pour démythifier

 Au xxe siècle, « l’originalité » et la propriété individuelle d’une œuvre ont été remises en question, entre autres, par les surréalistes : les cadavres exquis sont des œuvres collectives.

 De nombreux peintres reprennent des motifs anciens pour les parodier, ou les détourner dans un processus de remise en question et de désacralisation du patrimoine culturel.

DL’intertextualité

 Dans la seconde moitié du xxe siècle, on prend acte du caractère intertextuel de toute écriture. Il n’est plus question de poser le problème de l’écriture en termes d’opposition entre imitation et invention, entre copieur et créateur.

 Toute production littéraire est considérée comme la résultante d’un ensemble de textes. Ainsi se tisse l’infini des textes à venir. Le lecteur occupe une place nouvelle dans ce dispositif, dans la mesure où c’est à lui d’expliciter les liens, de retrouver le texte sous le texte.

Conclure

Que l’on parle d’imitation ou d’intertextualité, l’essentiel est de comprendre que toute écriture est une réécriture. Au lecteur de décrypter le jeu intertextuel.

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