The Ruins of Detroit, Yves Marchand et Romain Meffre (2005-2010)

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Fiches
Classe(s) : 3e | Thème(s) : Depuis 1945 : Les arts à l’ère de la consommation de masse
 

Présentez The Ruins of Detroit d’Yves Marchand et Romain Meffre : évoquez son contexte de création, puis décrivez l’œuvre elle-même avant d’en donner une interprétation personnelle.

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Yves Marchand et Romain Meffre, St Christopher house, ex-Public Library, Détroit, 2005-2010. Photographie.

1 Situer l’œuvre

A Yves Marchand et Romain Meffre

 Yves Marchand (né en 1981) et Romain Meffre (né en 1987) forment un duo de photographes français adeptes de l’exploration urbaine. Ils découvrent d’abord les sous-sols de Paris puis les ruines de bâtiments construits au xxe siècle qu’ils photographient dans le monde entier.

 La série The Ruins of Detroit est leur premier projet. Cette série de photographies en couleurs leur a procuré une renommée mondiale immédiate.

B Le déclin de la ville de Détroit

 Détroit est la plus grande ville du Michigan (États-Unis). Ancienne capitale automobile, elle a connu une croissance très rapide suivie par un fort déclin, économique et démographique.

 Ayant accueilli jusqu’à deux millions d’habitants, elle a perdu les deux tiers de sa population en 50 ans et s’est déclarée en faillite. De nombreux bâtiments modernes sont laissés à l’abandon.

2 Observer et analyser l’œuvre

 Les lieux photographiés en couleur datent du xxe siècle et sont connus de tous : théâtre, bibliothèque, cinéma… Ce sont des ruines très récentes et proches du spectateur.

 La vie a disparu de ces lieux désertés. Elle n’apparaît qu’indirectement ou sous forme de trace d’une activité passée : des livres restent dans les rayons de la bibliothèque de la St Christopher House.

 Ces lieux autrefois splendides sont maintenant délabrés, parfois pillés. Une catastrophe semble avoir eu lieu. Une atmosphère de fin du monde domine.

3 Interpréter l’œuvre

 Les photographes portent un regard neutre sur Détroit. Ils documentent la chute économique de la ville à travers son architecture, en indiquant simplement le lieu pris en photographie.

 Ces photographies sont des sortes de vanités, témoignant de l’orgueil de l’esprit humain qui vise l’éternité dans son architecture et oublie la chute des temps. Elles nous rappellent la fragilité de notre civilisation.

INFO Le sublime est un sentiment extrême, au-delà du beau, né de ­l’étonnement face au mélange du passé, du présent et du futur.

 La mélancolie frappe le spectateur dans ces visions d’apocalypse qui touchent au sentiment contradictoire du sublime.

Pour ouvrir et conclure

Certains artistes intègrent dans le monde contemporain des visions de bâtiments de leur époque mais en ruines, nous faisant réfléchir sur le caractère périssable de notre temps.

Vue imaginaire de la Grande Galerie du Louvre en ruines (1795) du peintre français Hubert Robert :  bit.ly/Oral3e_p126a.

Les magasins Best, construits entre 1971 et 1984 par l’américain James Wines :  bit.ly/Oral3e_p126b.

Monumenta (2007), exposition du peintre et sculpteur allemand Anselm Kiefer :  bit.ly/Oral3e_p126c.