Sous quelles formes parler de soi ?

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Fiches
Classe(s) : Séries tertiaires - Séries industrielles | Thème(s) : L'autobiographie

A Des formes multiples

Il existe plusieurs façons de parler de soi :

les lettres à des proches, par exemple, les lettres envoyées au XVIIe siècle par Madame de Sévigné à sa fille (épistolaire) ;

les récits de voyages, comme la lettre de Christophe Colomb à la reine d’Espagne. Au-delà de l’émerveillement ressenti devant ce « Nouveau Monde », c’est aussi sa perception des autres qui nous en dit beaucoup sur l’explorateur et sur la civilisation de son époque ;

le livre, mais aussi la caricature et la bande dessinée ;

les vidéos diffusées en ligne ou les documentaires, qui racontent des tranches de vie deviennent aussi un moyen pour parler autrement de soi et des autres. Plus vivants, laissant moins de place à l’imagination, ils attirent des spectateurs qui aiment découvrir par l’image ou qui n’aiment pas particulièrement lire ;

les blogs et les réseaux sociaux.

B L’écriture

aLe roman autobiographique

Dans le roman autobiographique, les procédés de l’autobiographie, et notamment l’emploi du « je », sont les mêmes. En revanche, l’auteur n’est pas tenu au pacte de sincérité de l’autobiographie dans lequel l’auteur-narrateur s’engage auprès du lecteur : la restitution de ses souvenirs, même si elle n’est pas totalement juste, en est sa perception, réelle et sincère. Dans le roman autobiographique, l’auteur peut s’attribuer des événements dont il n’a pas été directement l’acteur principal, mais qui lui paraissent indispensables pour nourrir son propre personnage.

Exemple

Dans son roman L’Enfant, Jules Vallès raconte son enfance et son adolescence particulièrement violentes et pénibles. Dans ce roman, et même s’il s’approprie le « je », son personnage ne porte pas le même nom. Il y a donc une forme de distanciation entre le narrateur et l’enfant et l’auteur n’est donc pas le narrateur. Même si une très large part de son ouvrage est une restitution de ses années scolaires, certains des événements qu’il relate ne lui appartiennent sans doute pas, bien qu’il se les soit appropriés.

bL’autobiographie de fiction

Il s’agit d’un genre particulier où un auteur se met à la place d’un personnage, historique le plus souvent, et prétend écrire ses mémoires.

Ainsi, Marguerite Yourcenar a écrit les Mémoires d’Hadrien en 1951. Hadrien, empereur romain de 117 à 138 après J. -C., n’a laissé aucun texte autobiographique. Marguerite Yourcenar s’approprie donc la personnalité de l’empereur et utilise le « je ». Ces mémoires sont destinées au jeune neveu de l’empereur, Marc-Aurèle : « J’ai formé le projet de te raconter ma vie » fera-t-elle dire à Hadrien. Ce texte permet aussi à l’auteure de réfléchir et de parler de thèmes importants pour elle : l’amour, la mort, la dualité entre le corps et l’esprit…

NE PAS CONFONDRE

Attention à ne pas confondre les termes suivants :

l’autobiographie, qui respecte les règles énoncées précédemment ;

le roman autobiographique, où l’auteur fait référence à certains événements de sa vie, mais il peut en modifier des éléments, inventer de nouveaux personnages, provoquer d’autres dénouements ;

le roman, où l’auteur semble s’identifier au narrateur notamment par l’utilisation du « je », mais où l’histoire n’a pas de rapport avec sa propre vie ;

les mémoires, où l’auteur, le narrateur et le personnage se confondent aussi. L’auteur s’y présente davantage comme le spectateur et le commentateur critique des événements de son époque. Il est moins tenu de se livrer personnellement que dans une autobiographie.

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