Théorie et expérience


Merci !

Fiches
Classe(s) : Tle L | Thème(s) : Théorie et expérience
Corpus Corpus 1
Théorie et expérience
série L

FB_Bac_98607_PhiT_TT_031

31

93

4

Les sciences ne deviennent expérimentales qu’en s’habituant à interroger la nature. Rassemblant des lois construites grâce à un raisonnement, elles s’éloignent de plus en plus du quotidien.

1Du quotidien au scientifique

AL’expérience ordinaire est passive…

L’expérience désigne d’abord l’ensemble des impressions et des perceptions que nous recevons du milieu, dont notre esprit tire certains « enseignements ».

Simplement reçue par un esprit passif, elle instruit aussi bien par l’échec que par la réussite. Si elle apporte ainsi des connaissances, c’est à force de répétitions, et sans répondre à une question précise.

B…et éventuellement trompeuse

Non dirigée par l’esprit, l’expérience peut le tromper : je crois pouvoir dire que « le soleil se lève » chaque matin, puisque c’est ce que je « vois ». Selon Bachelard, la connaissance doit commencer par se délivrer systématiquement de telles « évidences ».

2Le raisonnement expérimental

ALa nature se dévoile-t-elle spontanément ?

Pour découvrir les lois régissant les phénomènes naturels, on doit interroger activement la nature, qui « ne répond », comme le rappellera Kant, qu’aux questions précises que lui pose l’esprit rationnel – ainsi qu’il le fait lorsqu’il procède à des expériences scientifiques.

BUne expérience peut-elle se passer d’apports théoriques ?

Claude Bernard a montré que l’expérience elle-même ne constitue qu’un moment du raisonnement expérimental. Son point de départ est une observation capable de remarquer la présence d’un phénomène encore inexpliqué. Loin d’être naïve, cette observation doit être informée de l’état actuel des connaissances.

L’esprit élabore ensuite, à partir d’une analyse du phénomène problématique, une hypothèse, ou « explication anticipée ». Il conçoit alors quelle cause agit dans le phénomène observé.

Pour procéder à la vérification de l’hypothèse, on élabore le montage expérimental à strictement parler. Ce dernier suppose l’utilisation d’instruments (notamment de mesure) qui sont des « théories matérialisées » (Bachelard).

Lorsque l’hypothèse est confirmée par les résultats de l’expérience, on formule, par induction, la loi régissant le phénomène ; cette loi est valable pour tous les phénomènes semblables, car on suppose que « les mêmes causes entraînent toujours les mêmes effets ». C’est la formule simple du déterminisme sur lequel se fonde l’induction.

3La théorie, système de lois

AMathématisation et anticipation de l’expérience

Une théorie est la mise en forme mathématique d’un certain nombre de propriétés simples des corps observés. Elle prend en charge des données initialement empiriques, traduites en symboles abstraits.

Les énoncés mathématisés autorisent des calculs et déductions ultérieurs, effectués sans se préoccuper du « réel ».

La théorie peut ainsi anticiper sur les expériences. La physique contemporaine devient ainsi de plus en plus « théorique », et la relation classique entre expérience et théorie se trouve inversée.

BVérité ou falsifiabilité ?

Comment garantir qu’une théorie est vraie ? Pour Pierre Duhem elle l’est si elle « représente de manière satisfaisante un ensemble de lois expérimentales ».

Peut-être est-il plus prudent de considérer, comme le fait Karl Popper, qu’une théorie peut être confirmée, mais non définitivement vérifiée. Sa confirmation implique qu’elle se prête à la possibilité d’être démentie par une expérimentation – c’est sa « falsifiabilité ». Dans cette optique, une théorie s’affirmant « irréfutable » n’est pas scientifique ; tels seraient le marxisme ou la psychanalyse.

Conclure

Qu’on les dise « vraies » ou « falsifiables », la plupart des théories scientifiques, y compris celles aujourd’hui admises, sont destinées à être corrigées et reconstruites. Plus elle est sérieusement élaborée, plus la connaissance apparaît temporaire.

>

>