Voltaire

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Classe(s) : 2de - 1re L - 1re ES - 1re S - 1re STI2D - 1re STMG - 1re ST2S - 1re STL | Thème(s) : Les mouvements littéraires
Corpus Corpus 1
Voltaire

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Voltaire mène durant toute sa vie une lutte acharnée contre l’intolérance, le fanatisme* religieux et l’injustice. Son œuvre est riche et variée ; son style, clair et vigoureux. Son arme favorite est l’ironie.

1 Voltaire (1694-1778), une vie mouvementée

 François-Marie Arouet, jeune homme brillant et frondeur, se lance très tôt dans la littérature et prend le nom de Voltaire. Ses poèmes contre le Régent et sa liberté de parole lui valent la prison puis l’exil en Angleterre.

 Il trouve ensuite refuge à Cirey (Champagne), chez Mmedu Châtelet. À la mort de celle-ci, il se rend à Berlin, invité par le roi Frédéric II. Déçu par le monarque et poursuivi en France par ses adversaires, dont Rousseau (>fiche35), il se retire à Ferney, près de la frontière suisse.

2 Les contes philosophiques

Voltaire est l’inventeur du conte philosophique* qui, sous le couvert de la fantaisie narrative, lui permet d’exprimer ses idées.

Zadig ou la Destinée (1748) : le jeune Zadig subit les caprices de la destinée : un jour adulé, le lendemain vilipendé. La croyance en la bonté de la Providence est fortement battue en brèche.

Micromégas (1752) : le géant Micromégas, venu de Sirius, se rend sur la Terre en compagnie d’un habitant de Saturne. Il donne à la « petite race humaine » une leçon de sagesse et de relativisme*.

Candide ou l’Optimisme (1759) : chassé du château du baron de Thunder-ten-Tronckh pour avoir voulu embrasser sa fille Cunégonde, Candide, nourri aux leçons d’optimisme de Pangloss, est lancé dans le monde et confronté à la réalité du mal. Après de multiples aventures, il s’installe dans une « petite métairie » avec Cunégonde et ses amis pour cultiver son jardin.

L’essentiel sur…

Candide

  • Une violente attaque contre la philosophie optimiste de Leibniz (1646-1716) et de Wolff (1679-1754).
  • Une leçon d’espoir délivrant un art de vivre et vantant les bienfaits du travail, de l’amitié et des plaisirs simples, symbolisés par la dernière phrase du conte : « Il faut cultiver notre jardin. »

L’Ingénu (1767) : un jeune Huron, ignorant des coutumes françaises, débarque à Saint-Malo et s’étonne des incongruités et des mesquineries qu’il découvre.

[L’Ingénu doit demander l’autorisation du pape pour épouser sa marraine de baptême.]

Je quitterais Mlle de Saint-Yves pour aller demander la permission de l’aimer à un homme qui demeure […] à quatre cents lieues d’ici, et dont je n’entends point la langue ! Cela est d’un ridicule incompréhensible.

L’Ingénu, chapitre 6

L’essentiel sur…

les contes de Voltaire

  • Un recours fréquent au thème du voyage, au procédé du dépaysement et du regard étranger.
  • La question du bonheur : est-il possible dans un monde habité par le mal et la sottise des hommes ?
  • Un recours constant à l’ironie : l’art de Voltaire consiste à feindre d’adopter le point de vue de l’adversaire de façon à en faire ressortir l’incohérence et à y apporter un démenti formel.
  • Un rythme étourdissant, une langue pure, une écriture alerte.

3 Les autres œuvres philosophiques

À côté des contes, Voltaire mène son combat philosophique à travers les formes les plus variées : articles de dictionnaire, lettres, poèmes, traités…

 Les Lettres philosophiques (1734) font l’éloge du libéralisme anglais et critiquent implicitement les institutions françaises.

 Le Poème sur le désastre de Lisbonne (1756) évoque le tremblement de terre qui détruit la ville et pose le problème de l’existence du mal.

 Le Traité sur la tolérance (1763) est un brillant plaidoyer en faveur du protestant Jean Calas, victime du fanatisme* religieux.

 Le Dictionnaire philosophique (1764) propose une suite d’articles donnant lieu à une réflexion philosophique.