Exercice corrigé Ancien programme

Homo floresiensis, une polémique au sein de la communauté scientifique

Une équipe australo-indonésienne a découvert en 2003 un fossile très complet d'Homininé (nommé LB1) dans une grotte de l'île de Florès en Indonésie. Cette découverte a été complétée peu après par la mise à jour, dans la même grotte, des restes de cinq autres individus de la même espèce.

1. Justifiez, par une analyse détaillée des documents 16 et 17, pourquoi les découvreurs du fossile LB1 proposent de créer une nouvelle espèce baptisée Homo floresiensis, rangée dans le genre Homo et considérée comme descendant d'Homo erectus sur l'île de Florès.

2. Les Homo floresiensis auraient vécu sur l'île de Florès entre – 95 000 et – 12 000 ans environ, LB1 est daté de 18 000 ans.

Que remettent en cause les informations du document 18 ?

Doc 16 Données relatives à Australopithecus, Homo erectus et Homo sapiens

Doc 17 Caractéristiques du fossile nommé LB1 (une femelle adulte) trouvé sur l'île de Florès

[…] lors des fouilles qui ont mis à jour Homo floresiensis, des outils bien plus élaborés ont été trouvés au milieu de restes d'éléphants nains [...]. Pour les découvreurs, cela suggère que Homo floresiensis était un chasseur d'éléphants nains. S'il est possible qu'un seul individu ait pu venir à bout d'un jeune éléphant nain, les restes de spécimens adultes pesant jusqu'à une demi-tonne laissent penser que les petits hommes de Florès pratiquaient une chasse coordonnée, une activité qui [...] nécessitait un langage. Des restes d'animaux carbonisés ont aussi été retrouvés dans la caverne : la cuisine faisait partie du répertoire culturel d'Homo floresiensis.

D'après Kate Wong, « Homo floresiensis, le plus petit hominidé »,
Pour la Science, mars 2005

La difficulté de l'exercice est de comparer les données du document 17 à celles du document 16, sans décrire celui-ci seul.

Doc 18 Une autre hypothèse

Mais à qui appartient le petit squelette mis au jour en septembre 2003 par une équipe australo-indonésienne dans la grotte de Liang Bua, sur l'île de Florès ? Depuis l'annonce de la découverte, la polémique n'a jamais cessé.

Pour ses découvreurs, il s'agit clairement d'un représentant d'une nouvelle espèce d'Homme, Homo floresiensis, issue de l'Homo erectus.

Mais cette interprétation n'est pas partagée par tous. Quelques jours seulement après l'annonce de la découverte, Marciej Henneberg de l'université d'Adélaïde faisait déjà part de ses doutes sur l'identité du squelette : l'Homme de Florès lui rappelait un Homo sapiens vieux de 4000 ans découvert en Crète souffrant de microcéphalie, une anomalie morphologique caractérisée par une tête et un encéphale anormalement petits, généralement accompagnée de capacités intellectuelles réduites...

D'après Olivier Boulanger, « Homo floresiensis : polémique autour
d'un (trop) petit cerveau », universcien.fr, juin 2006

Étude des documents 16 et 17 en parallèle

  •  États dérivés qui rapprochent LB1 de l'australopithèque :

– la boîte crânienne est épaisse, mais celle d'Homo erectus aussi 

– le volume crânien de 380 à 530 cm3 est plus proche de celui de l'Australopithecus (450 à 530 cm3) 

– la taille entre 1,06 et 1,20 m est plus proche de celle de l'Australopithecus (1,05 à 1,30 m).

  •  États dérivés qui rapprochent LB1 du genre Homo :

– la forme du crâne avec une face aplatie comme Homo erectus et Homo sapiens 

– les outils fabriqués impliquent le fait que cela soit un Homo, leur variété et leur tranchant sont plus proches de ceux d'Homo sapiens.

– la maîtrise du feu et d'un langage articulé.

Conclusion. La taille et le volume crânien de LB1 l'apparentent à l'Australopithecus, mais ses innovations sont celles des Homo. LB1 est donc placé dans le genre Homo car il fabriquait des outils, qu'il a une face aplatie, qu'il maîtrise le feu et qu'il a un langage articulé. La sophistication de ses outils l'apparente à l'Homo sapiens, mais sa boîte crânienne épaisse le rapproche d'Homo erectus.

L'Homo floresiensis serait donc un descendant d'Homo erectus implanté en Asie et ayant évolué au niveau de son industrie.

Mise en relation des documents 16 et 18

D'après le document 18 on sait que les Homo floresiensis étaient contemporains (entre – 95 000 et – 12 000 ans ) des Homo sapiens présents depuis moins de 200 000 ans, alors que le plus jeune Homo erectus a plus de 500 000 ans. De plus Marciej Henneberg explique le volume réduit de la boîte crânienne de l'Homo floresiensis par une anomalie de son développement (la microcéphalie), observée également chez un Homo sapiens vieux de 4000 ans découvert en Crète.

Conclusion. L'Homme de Flores serait donc un Homo sapiens. Cependant cette anomalie entraîne des capacités intellectuelles diminuées qui ne sont pas en accord avec une industrie sophistiquée, un langage articulé et une chasse coordonnée. Les chercheurs ne sont toujours pas d'accord. La petite taille peut s'expliquer par l'isolement géographique de l'île et la présence lors de la colonisation d'individus de petite taille qui sont devenus majoritaires par dérive génétique.

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