Le retour du charbon ?

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Exercices
Classe(s) : Tle S | Thème(s) : Economiser les ressources et respecter l'environnement

L’accident de Fukushima a fortement réduit l’intérêt pour le nucléaire. Et puisque les énergies renouvelables ne sont pas suffisantes pour satisfaire les besoins du Vieux Continent, les pays européens se tournent vers le combustible le plus ancien et le moins cher, mais aussi le plus polluant.

Le charbon revient, celui qui noircissait les épais brouillards de la révolution industrielle, celui des romans réalistes d’Émile Zola, des cauchemars des petits hommes qui, en Wallonie comme en Sardaigne, descendaient dans le ventre de la terre. Il semblait destiné à l’exil. Et puis l’accident de Fukushima a réécrit l’histoire, relançant une ressource dont il y il a seulement un an l’Europe demandait le bannissement d’ici aux années 2050.

Toutes les puissances mondiales refont maintenant leurs comptes et leurs plans pour réduire la part du nucléaire parce que l’opinion publique le demande et, en attendant que les énergies renouvelables deviennent vraiment rentables, elles se tournent à nouveau vers le premier or noir qui, bien que considéré comme une énergie obsolète, éclaire encore aujourd’hui une ampoule électrique sur deux.

C’est dire si on est encore loin de la « décarbonisation » ! Nobuo Tanaka, directeur exécutif de l’Agence internationale pour l’énergie (AIE) a rapporté il y a quelques jours au Parlement européen que le désastre japonais a entraîné la décision de réduire de moitié les programmes pour la construction de nouvelles centrales nucléaires d’ici à 2035. Prévues pour 360 GW, elles n’en fourniront que 180. Avec pour résultat, au niveau planétaire, une diminution de 14 % à 10 % de la part du nucléaire dans la production globale d’énergie. On estime qu’un tiers de la demande devra être réorientée et se fournira sur le marché du charbon. Avec deux conséquences problématiques : l’augmentation inévitable des prix du marché et des coûts de réduction des émissions de gaz à effets de serre. […]

L’Allemagne, premier consommateur européen d’anthracite, a entrepris un retour douloureux, et la Pologne qui peut extraire du fossile noir 90 % de ses besoins en énergie, s’apprête à faire de même. Les Anglais, soutenus par un bon équilibre entre nucléaire, charbon et gaz, jouent la carte verte pour remplacer les powerstations les plus décrépites. […]

Les seigneurs du charbon assurent que la leur [leur énergie] est « démocratique », car elle est relativement bon marché et, grâce à ses forts besoins en main d’œuvre, elle est créatrice d’emplois. C’est vrai. Il y a toutefois un piège social évident puisque la Commission européenne a annoncé qu’elle voulait un engagement éthique pour ce type d’exploitation qui, surtout en Chine et en Amérique du Sud, a souvent recours à des enfants, comme le faisaient les Anglais au temps de Dickens.

« L’Europe redécouvre le charbon », août 2011, www.fedre.org

1. Nucléaire, renouvelable ou fossile : le charbon fait partie de quel type
d’énergie ?

2. Les centrales qui produisent de l’électricité ou du chauffage à partir du charbon sont-elles des centrales mécaniques, thermiques, électriques, solaires ou nucléaires ?

3. Donner un intérêt et un inconvénient de l’utilisation du charbon.

4. Déduire du document la proportion occupée par le charbon dans la consommation électrique mondiale.