Quelle est l’efficacité de l’intervention sociale de l’État ?

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Exercices
Classe(s) : Tle STMG | Thème(s) : Quelle est l'efficacité de l'intervention sociale de l'État ?

Exercice de synthèse

Question de nature analytique

Faut-il opposer assistance sociale et assurance sociale ?

Méthode

Pour analyser la question posée par le sujet analytique :

– repérez les mots clés du sujet ;

– proposez une définition des mots clés ;

– repérez en quoi les termes du sujet se complètent ou s’opposent ;

– mobilisez vos connaissances autour du sujet ;

Essayez de proposer une réponse claire à la question posée par le sujet en une ou deux phrases. Faites un plan détaillé de votre réponse en distinguant les idées principales, les arguments secondaires et les illustrations sous forme d’exemples. N’oubliez pas les connecteurs logiques entre vos idées. Faites des phrases courtes.

Éléments de corrigé 

1. Analyse du sujet au brouillon

Mots clés : assistance sociale ; assurance sociale

Définitions des mots clés

Assistance sociale : c’est un mécanisme de secours aux ménages en difficulté dont les ressources sont insuffisantes pour satisfaire leurs besoins primaires. Elle prend la forme d’aides versées par les pouvoirs publics sans contrepartie de cotisation demandée aux bénéficiaires.

Assurance sociale : c’est un mécanisme qui fonctionne sur le même principe que les assurances privées et donc sur la mutualisation des risques. Les assurés versent des cotisations sociales qui leur seront reversées en cas de besoin pour les prémunir des principaux risques sociaux comme la perte d’emploi, la vieillesse, la maladie, le veuvage. L’aide financière est proportionnelle et conditionnée par les cotisations versées.

Complémentarités et oppositions entre les termes

Les deux mécanismes reposent sur un principe de solidarité entre les individus dans la société. Tous les deux contribuent à la protection sociale.

Cependant, ils s’opposent sur leurs mécanismes de base. L’assistance sociale donne un droit universel à tous les individus sur condition de ressources tandis que l’assurance sociale donne un droit au sujet de droit à la hauteur de sa propre contribution.

Mobilisation des connaissances

En France, la Sécurité sociale est l’émanation de ce qu’on appelle l’État providence. Elle est créée le 4 octobre 1945. Depuis l’origine, elle combine assistance et assurance. Aujourd’hui, dans le contexte d’une crise économique durable, d’un vieillissement de la population, de la montée des valeurs individualistes, d’un fort endettement des États, il y a une crise de l’État providence. Le coût et l’efficacité de la protection sociale sont mis en débat. La notion de protection sociale est de plus en plus limitée à l’assistance sociale financée par l’impôt. L’assistance permettrait d’assurer une solidarité de base en fonction de minima sociaux tandis que l’assurance assurerait les compléments. L’assurance aurait l’avantage de proportionner strictement les dépenses aux ressources collectées. Par exemple, dans un premier temps, les chômeurs bénéficient de l’assurance chômage pour laquelle ils ont cotisé puis de l’assistance sociale lorsqu’ils sont en fin de droits.

Une réponse claire au sujet

Les deux mécanismes ont des avantages et des inconvénients. Ils se complètent et ne doivent pas se voir opposés au risque de perdre de vue leur raison d’être : d’offrir une protection sociale au plus grand nombre dans une société solidaire.

2. Le plan détaillé de la réponse argumentée

I- Les mécanismes d’assistance, comme de l’assurance, reposent sur le principe de solidarité

1. L’assistance repose sur des principes moraux anciens comme la charité et les solidarités traditionnelles familiales. Elle est vécue comme un devoir dans une société évoluée et un droit acquis dès la naissance pour tout citoyen. L’assistance est un facteur de paix sociale. La redistribution des richesses véhicule l’idée de la justice sociale et de l’égalité de traitement entre tous les citoyens. Elle est d’une certaine façon favorable aux initiatives privées en reportant une partie des risques individuels sur tous les citoyens. La solidarité est de ce fait un bienfait pour la société.

2. L’assurance sociale permet de dépasser les anciennes solidarités familiales et corporatives. Elle repose sur un calcul probabiliste selon lequel il est peu probable que tous les individus qui cotisent demanderont un secours en même temps. Chacun reçoit une aide proportionnelle à son effort, ce qui renforce le sentiment d’équité entre les individus. La mutualisation des ressources rend les contributeurs solidaires. L’assurance est de ce fait aussi favorable à l’investissement privé.

II- Les deux logiques sont complémentaires pour offrir une protection sociale au plus grand nombre

1. L’assurance permet de prendre en charge la solidarité au meilleur coût car les dépenses sont proportionnelles aux ressources. Les mécanismes d’assurance incitent plus les citoyens à l’effort. Mais si le niveau de ressource diminue, la protection sociale est d’une qualité moindre. Les citoyens les plus fragiles exclus du marché du travail ne bénéficient pas de cette forme de solidarité. La prise en charge des aléas sociaux est donc incomplète.

2. L’assistance met tous les citoyens sur un pied d’égalité. Elle permet de lutter contre les phénomènes d’exclusion. Cependant, le coût de ce mécanisme est élevé. Lorsque les ressources se raréfient, il est difficile d’en faire bénéficier un nombre toujours croissant d’individus. Il y a alors deux possibilités : soit on délimite le niveau de protection en assurant des minima sociaux, soit on limite le nombre de bénéficiaires par des conditions de ressource. Il est donc avantageux de compléter le dispositif d’assistance par un mécanisme d’assurance sociale pour offrir un niveau de Sécurité sociale acceptable au plus grand nombre.